‹ Histoire de la persécution religieuse dans les diocèses de Quimper et de Léon de 1790 à 1801Chapitre 31 sur 51 · ABBAYE DE LANDËYËNNEC (ORDRE DE SAINT BENOIT · texte numérisé non relu

ABBAYE DE LANDËYËNNEC (ORDRE DE SAINT BENOIT

L'abbaye de Landévennec dont on fait remonter la fondation à Grallon, roi de TArmorique, eut pour premier abbé saint Guénolé. Elle fut soumise en 818 à la règle, de saint Benoit.

Mise en commende, en 1533, elle fut réunie à Tévôché de Quimper, en 1781, sur la demande de Monseigneur de Saint-Luc.

Au moment de la Révolution, le personnel de Fabbaye se composait seulement de quatre religieux, fort aimés dans le pays,à cause de leur hospitalité traditionnelle : la porte de leur monastère était ouverte à tous les pauvres. Ils partageaient gracieusement, avec les habitants de la localité, les fruits de leurs jardins qui étaient considérables et d'excellent rapport.

Le prieur de Tabbaye résista à Tordre qui lui fut intimé de prêter le serment. Malheureusement, deux de ses frères ne surent pas imiter la fermeté de leur supérieur.

Comme les arbres qui restent debout, tant que le vent souffle avec modération, mais sont renversés sous les efforts violents de la tempête, parce qu'ils n'ont pas de profondes racines : ainsi, ces religieux avaient tenu jusque-là à leurs devoirs; mais la persécution élant venue à souffler avec force, ils ne purent lui résister,

trce ([ao Iqut vertu n'était pas vigoureusement enracinée en Jésus-Chrisl.

L'iut d'entre cua, [lour prix de sa faiblesse, reçut le poste d'aumùnier constitutionnel do l'iiûpjtal maritimo de Brest. L'autre fut oonimé recteur d'une paroisse.

Tous les deux avaient quitté, après avoir prèle le serment, leur habit monacal, pour revêtir le costume des prêtres séculiers.

A quelles salutaires réllexions doivent nous porter ces exemples ! Il ne faut pas se contenter d'ums médiocre vertu : si elle peut sulUre. quand It; temps est calme, elle est insuflisante, quand l'ouragan est déchaîné . . .

Le prieur fut rédait, après son expulsion, ù faire de petites écoles à l'ort-Lannay : il choisit sans doute cette résidence |)eu éloignée de son cher monastère, espérant, la lempètt! passée, pouvoir y rentrer plus facilement.

Son seul délassement, dans l'intervalle de ses leçons, était de se promener seul le long de la rivière de l'Aulne. Lorsqu'il était fatigué de sa promenade, on le voyait s'asseoir sur les bords de cette rivière, dont les eaux s'écoulaient rapidement vers les rives séduisantes où était gracieusement assise son abbaye. Alors, la tèto tristement penchée sur la poitrine, le vieillard se prc- , oait à pleurer à l'handes larmes, comme l'enfant d'Israël sur les bords de l'Euphrate, au souvenir d'un passé qu'il priait Dieu de ramener, au plus tôt.

Distrait souvent de ses douloureuses pensées par le bruit de quelque bateau qui cinglait vers l'ort-Launay, il se levait brusquement et s'acheminait vers le port, afin d'y rejoindre les marins dans lesquels il avait reconnu des yabarien de Landévenuec. Avec quelle joie

il revoyait ces braves gensi Avec quel bonheur ces derniers saluaient leur bien-aimé père I

Avec quelle émotion le bon religieux leur demandait des nouvelles de son monastère abandonné et dévasté ! Avec quels regrets ceux-ci lui exprimaient Taflliction des pauvres qui avaient perdu en lui leur providence et leur soutien !

Nous ne savons de quel côté le prieur de Tabbaye de Landévennec dirigea ses pas, lorsque, les jours devenant plus mauvais encore, il dut aller chercher sans doute sur une terre étrangère l'asile que les bons prêtres et les bons religieux ne trouvaient plus dans leur malheureuse patrie.

Du monastère de Landévennec, il ne reste plus, à l'heure qu'il est, qu'une partie des bâtiments : la chapelle, qui était fort belle, n'offre plus que des ruines, quelques pierres tristement dispersées ça et là, quelques chapiteaux brisés... hélas! assez pour accuser le vandalisme de nos anciens démolisseurs d'églises et briseurs de croix, — assez pour faire regretter qu'on n'ait pas restauré ce vieux monument du style golhi(|ue.

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