Voir aux Pièces justificatives, n
Messieurs,
Afin qu'il vous plaise vu l'exposé ci-dessus autoriser le suppliant au nom de Monsieur Faure de Baufort à faire distribuer en cette ville et dans les environs les Eaux Antiputrides et les livres qu'il a composés par ordre du Gouvernement, dont est cy joint un exemplaire et vous ferez justice.
Présenté le 7 S^"'' 1783. Signé : Le Petry i.
Cette demande fut rejetée sur l'avis défavorable du Gollèg-e de médecine et du prévôt.
Le roi oblig'eait quelquefois les médecins des hôpitaux à essayer certains de ces remèdes ; la preuve s'en trouve dans la lettre suivante :
Paris, le 8 juin 1786.
Le s"" Jaynard, Messieurs, est l'inventeur d'une poudre antihemorraghique dont l'efficacité a été constatée par des expériences multipliées. Le R.oi a cru devoir accorder à ce particulier un privilège exclusif pour le débit de cette poudre et les Ministres de la Guerre et de la Marine en ont introduit l'usage dans les hôpitaux militaires de ces départements. Les'' Jaynard ayant demandé qu'il en fut usé de même dans les hôpitaux civils. Sa Majesté a décidé qu'il serait envoyé une certaine quantité de boëtes de cette poudre pour être distribuée et en faire l'essay dans les hôpitaux de malades. En conséquence, M. le Contrôleur général m'observe que la dépense en sera acquittée sur les fonds du trésor royal, mais que Sa Majesté n'entend pas que cet envoy soit annuel, qu'elle a eu seulement en vue de faire connaître le remède du S"" -Jaynard et que, dans le cas où l'emploi de cette poudre serait jugé avantageux et préférable aux moyens dont on se sert dans les hémorrhagies, ce serait ensuite aux hôpitaux à s'en fournir à leur frais. Je joins ici six boëtes de cette poudre avec une instruction sur la manière de s'en servir. Je vous pi-ie de m'en accuser réception et d'en faire usage conformément aux instructions de Sa Majesté. Vous voudrez bien m'instruire exactement, d'ici à la fin de l'année, des effets qu'eUe aura produits et de l'avis des médecins qui l'auront employée et vous me les adresserez
1. Archives COMMUNALES de Lille. Registre aux apothicaires et épiciers, côté I, f° 184.
avec vos observations particulières afin que je sois en état d'éclairer M. le Contrôleur Général.
J'ai l'honneur d'être très parfaitement, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur i. (Illisible.)
On trouve la réponse ^ des administrateurs accusant réception de l'envoi ; mais après il n'est plus question de rien.
En 1787, l'abbé Quiret trouva un moyen de guérir la gale ; le roi demanda d'essayer ce remède ^, qui n'était point cette fois un remède secret, mais une composition dont on donnait la formule. Essaya-t-on ou refusa-t-on de s'en servir? Pas plus que pour le remède de Jaynard on ne trouve d'observations.
Les compositions de la pharmacopée, les remèdes secrets, n'avaient pas entièrement la confiance du public ; chaque famille, chaque particulier un peu aisé avait ses formules de remèdes. On connaît un grand nombre de recueils de ce genre où l'on inscrivait des receltes plus ou moins bizarres. En voici deux attribuées à M. le Comte de Lannoy :
Remède contre la fièvre tierce.
De l'encens maie, la pesanteur d'un Liard, de sel ordinaire du poids d'un Liard; il faut broier l'encens et le sel, ajoutez le jeaune d'un œuf frais; le tout étant bien meslé vous en faites une espèce d'onguent que vous appliquez la moitié sur chaque poux (pouls) avec un linge par dessus.
Ledit Remède doit s'appliquer aussitôt que vous sentez les apparences de la fièvre.
Reinède pour guérir les Piqûres de bêtes veniineuses.
Prendre plusieurs oignons blancs, en oter la première peau, la piller dans un mortier pour en faire une espèce de marmelade
1. Archives hospitalières, XVI, f° 4. — Folet (H.) Hôpitaux lillois disparus (Lille, 1899), p. 72.