‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 126 sur 196 · Voir aux Pièces justificatives, n · texte numérisé non relu

Voir aux Pièces justificatives, n

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macie, les chefs de la corporation sont des apothicaires ou des épiciers.

Réunion de droit, séparation de fait, ce double élément devait amener fatalement la création d'une nouvelle corporation. Le ban du 21 janvier i5f]5 donna aux apothicaires et épiciers leur autonomie :

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront ou oiront, Eschevhis, Conseil et huit hommes de la Ville de Lille, salut. Comme les maistres et la pluspart du Corps du Stil des Appoticquaires et Espessiers de ceste Ville de Lille nous auroient par requesle remonstré entre aultres choses que du passé ilz ont esté joincts avec les stils des mercliiers, grossiers et aultres et reiglés par unes mesmes lettres, ayans néantmoings lesdicts appoticquaires et espessiers plusieurs articles différens et n'aians riens de commun aux aultres, qui depuis auroient esté séparez par lettres à part, estant ladicte jonction aparament advenue de ce que nestant lors ceste ville fort peuplée n'y avoit de chacun stil que petite quantité, mais maintenant estant, par la grâce de [)ieu, le peuple accru, aussi estoit le nombre desdicts stils fort accru et en tel nombre qu'yl engendroit confusion, nous requérant partant volloir disjoindre ledict stil des appoticquaires et espessiers arrière desdicts aultres stilz. Auxquels suivant ce auroient ordonné de donner par escript l'iutérest qu'yls auroient par iadicle disjonction a quoy ayans furny et le tout meurement considéré avons, en usans de l'autorité et puissance que avons soubz sa Majesté eue de tout temps de pollicier les stils dycelle ville mesmement pour le bien publicq de ladicte ville, ordonné et ordonnons que ledict corps des appoticquaires et espessiers sera disjoinct arrière desdicts aultres stils pour doresnavant par les Maistres Egards et corps desdits stils des appoticquaires et espessiers se régler comme corps séparé selon les lettres qu"yls ont de leurdits stils d'appoticquaires et espessiers et employeront les amendes esquelles ceulx qui contreviendront auxdictes lettres seront condempnez, ensemble les frais d'années et toutes aultres advenues de leur dit stil à l'entretenement des torses ' et histoire qu'yls debvront

1. Torses ou torches étaient de longs bâtons terminés en arcade, avec une chandelle; sous celte espèce de dais on voyait les attributs du coriis de naétier.

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avoir quand besoing sera pour décorer les jours du vénérable Saint Sacrement et procession de cette ville ensamble à l'entretenement des messes et auUres nécessitez d'yceluy stil pourveu et à charge néantmoins que lesdicts appoticaires et espessiers seront tenus de aultrement quicter tout tel droit qu'yls ont es accoutremens, callices et aultres ornemens servans tant pour célébrer la messe à la chapelle et autel d'ycelle.au profût desdicts grossiers et aultres stils de leur corps sans que lesdicts appoticquaires et espessiers puissent doresnavant fiaire célébrer leurs messes en ladicte chapelle ainsi les devront faire célébrer en aultre chapelle et à aultre jour prendans pour ce faire aultre patron que celuy desdicts grossiers à charge aussy que lesdicts grossiers et aultres de leurs corps polront marcher en chief lieu et au dessus desdicts appoticquaires et espessiers auxdits jours de Saint Sacrement et procession de ceste ville accordant néantmoins tant que aultrement aurons ordonné que lesdits grossiers et aultres branches de leur corps ensamble lesdits appoticquaires et espessiers polront chacun respectivement vendre samblables desrées que chacun fait présentement sans pooir aultrement emprendre la vente d aultres desrées que celles que chacun desdits stils fait à présent, à peine de pugnition arbitraire. En témoing de ce nous avons ad ces présentes lettres fait mectre le seel aux causes de ladicte ville, ce fut faict le xxi« de mars xv^ quatre vingt quinze . Ainsi soubsigné : MiRocL. Et sy estoient lesdites lettres scellées du seel aux causes de ladite ville de Lille * .

Comme on le voit dans celte pièce, la nouvelle corporation devait choisir un saint protecteur. Sans doute elle eût désiré, comme celle de Paris, conserver saint Nicolas comme patron -^ mais c'était celui des merciers. Les apolliicaires choisirent donc sainte Marie-Madeleine. ((\ endeursd'épices, dedrog-ues et de parfums, dit Delille^,

I. Archives coioiunales de Luxe. Carton 1233, 1" Dossier; et Registre aux lettres ordonnances des stils et métiers de la ville de Lille, côté B, f» 79.

"2. SaiDt Nicolas avait été choisi pour patron des apothicaires, dit Chereau, parce que les marchandises qu'ils emploient -viennent par mer, à l'aide de pilotes, dont saint Nicolas est le patron. [Journal de Bharrnacie et des sciences accessoires. Tome XIX. Paris 18-33, p. 179.)

3 DzLiLLE. Fêles Patronales. Corps de métiers lillois. Lille, 1896, p. 23.

honoraient à juste titre cette sainte, qui baig-na des parfums les plus précieux et les plus délicats les pieds du Christ, pour les essuyer ensuite de ses long-s cheveux. » A la même époque, ils choisirent et déposèrent leurs armoiries^ que notre excellent ami, M. Emile Théodore a bien voulu reconstituer ^ d'après la description trouvée dans V Armoriai général^ :

D'azar à une figure de Sainte Marie-Magdelaine émargent tenant de sa main dextre une boëte couverte de même et posée debout sur un piédestal aussi d'argent^ chargé d'' un écusson en tanières de gueules surchargés d'une fleur de lis d'argent, la sainte accostée en face adextré (à dextre) d'un mortier d'argent, à senestre d'un vase nommé chevrette de même.

Gomme toute société, la corporation des apothicaires et épiciers avait un bureau qui dirigeait les affaires ; il se composait, en 1720, de deuxéchevins, de deux médecins, d'un doyen apothicaire, d'un ég-ard qui avait exercé la pharmacie, de quatre maîtres apothicaires, de trois maîtres épiciers, d'un g-refiîer, d'un valet '\

Les apothicaires sollicitèrent et obtinrent, dès i654, l'autorisation de tenir leurs réunions hebdomadaires dans la salle des appaiseurs ^, à l'hôtel-de-ville.

1. Le mot armoiries ne semble pas exact; en effet, dans un livre intitulé : la Nouvelle Méthode raisonnée du Blason, par le P. Menesïrier (Lyon 1754), on lit à la page 277: « Les corps de métiers ont des marques pour se distinguer les uns des autres; mais on ne doit pas les appeller armoiries, puisque ces marques n'ont rien de militaire, ni qui tienne de

l'usage du Blason » Malgré cette observation, nous avons conservé le

mot armoiries, car on trouverait difficilement un mot exprimant la même idée.

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