‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 128 sur 196 · Voir aux Pièces justificatives, n · texte numérisé non relu

Voir aux Pièces justificatives, n

Mag-istrat, qui fît comparaître devant lui et le sièg-e des apothicaires et épiciers et celui des libraires. Mais nous n'avons pu trouver la conclusion de cette affaire.

Il en était de même pour les apothicaires et épiciers qu'il en était autrefois pour les merciers. Les relations entre ces deux professions étaient rares, elles n'existaient que pour les oblig-ations religieuses et corporatives. On trouve très régulièrement, par exemple, dans les « Registres aux apothicaires et épiciers», après une demande de recevoir à la maîtrise un apprenti épicier : « Nous autorisons les maîtres du corps des épiciers à admettre le suppliant à la franchise de leur corps ^ »

L'accord, du reste, n'était point toujours parfait, on l'a vu au chapitre II, où nous avons rappelé la discussion survenue lorsque les maîtres épiciers exigèrent qu'on reçût sans apprentissag-e leurs fils qui voulaient devenir apothicaires. Gela ne fut pas de longue durée, et, grâce au Magistrat, l'entente se rétablit.

Gomme dans toutes les villes, les chirurgiens et les apothicaires étaient souvent en lutte avec les médecins : (( G'étaient, dit un auteur moderne ^, d'une façon un peu sévère, les potentats de la haute science médicale, du sommet de laquelle ils regardaient leurs modestes auxiliaires, les chirurgiens et les apothicaires, du même œil dédaig-neux qu'un marquis rencontrant sur son chemin un procureur et un robin quelconque. »

Mais, grâce à Dieu, ils n'avaient pas toujours raison. En 1661, des médecins avaient injurié les maîtres du corps du style des apothicaires; ceux-ci protestèrent auprès du mag-istrat, qui leur donna g^ain de cause et réprouva la conduite de leurs adversaires.

1. Archives communales de Lille. Registre aux Apothicaires et Epiciers, 1 et 1 i^is.

2. Delille. Médecins lillois du temps passé, l" partie, p. 25, Lille, 1895.

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Sur ce que les maistres du corps de stil des appolicquaires de ceste ville prétendans estre lésez et injuriez en certain escript lu en plain conclave par et de la part des docteurs en médecines sçavoir Lecomte, Lannoy, Destré et Collart, faict en forme de response à la requeste présentée par les premiers à Messieurs du Magistrat, ont soustenu que le même escript signé desdits médecins demeureroit soubz la court pour en après prétendre telle réparation qu'ils trouveront convenir, mesdicts seigneurs après avoir sur ce délibéré ont ordonné ausdicts médecins de laisser à court ledict escript signé ou bien le désavouer les injures y contenues au cas qu'ils vœuillent se servir d'ung aultre responsif à ladicte requeste.

Faict en halle le xxvnie 9b'-e 4661 1.

Où la lutte semble avoir été plus ardente, ce fut vers 1754. A cette époque, les cliirurg-iens voulaient fonder une (( Académie de cliirargie ^. » Quelques jeunes médecins ^, comprenant qu'on allait mettre la médecine et la chirurgie sur un pied d'ég'alité, si le projet était accepté, et voulant dissimuler leur manière de faire, demandèrent, le 28 janvier 1754, au Mag-istrat, de rendre une ordonnance dans laquelle il défendrait aux chirurgiens de faire une opération sans y appeler un médecin, et aux apothicaires de délivrer des médicaments sans une ordonnance « écrite par an médecin *. »

Les apothicaires répondirent que cette demande était préjudiciable au public, que les pauvres étaient les plus atteints par cette mesure, que les personnes de la classe moyenne, (( d'état mitoien », se verraient obligées de mendier. Quant aux riches, on ne peut leur refuser les produits pour les médicaments secrets. Ils ajoutèrent : « Nous souhaiterions bien que ces Messieurs voulussent

1. Archives communales de Lille. Registre aux mémoires 1657-1662, f» 269.

2. Archives communales de Lille. Carton 1271. Dossier unique.

3. Neuf médecins du collège avaient protesté contre les démarches de leurs confrères.

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