‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 130 sur 196 · Voir aux Pièces justificatives, n · texte numérisé non relu

Voir aux Pièces justificatives, n

nous Rewart, Mayeur, Eschevins, Conseil et Huit Hommes de la ville de Lille, quant à la demande dudit Collège à ce qu'il soit deffendu à toutes personnes d'exercer la médecine en cette ville même graluilement sans lettres de doctorat ou de licence, déclarons qu'il y est suffisamment pourvu par le susdit édit du mois de mars 1707, enregistré au parlement de Flandres, faisant deffenses à tous ceux qui ne sont pas licentiez en médecine d'en exercer la profession à peine de cinq cens livres d'amende; quant h la demande dudit collège à ce qu'il soit deffendu à tous apoticaires et autres de délivrer aucun médicament ou remède destiné à entrer dans le corps humain sans ordonnance par écrit d'un médecin, dattée et signée la demande au contraire desdits maîtres chirurgiens à ce que dans toutes les maladies et les opérations de chirurgie, ils pourront administrer et ordonner tous les remèdes tant externes qu'internes, nous déclarons que lesdites deux demandes pour être trop généralles et contraires à notre dit règlement du 7 février 1632 ne peuvent être accordées,. ... * Fait en conclave la loy assemblée les jour, mois et an susdits.

Signé : H, F. Leroy 2.

Heureusement, ces « orag-es » ne grondaient que rarement, et ces mêmes médecins laissaient parfaitement écrire en i64o et en 1694? que « le pharmacien est le bras droit du médecin. »

En tant que corporation, les apothicaires et épiciers ne devaient pas seulement se réunir pour se défendre au dehors, mais ils avaient des obligations rehg-ieuses et des oblig"ations corporatives.

Parmi les premières était l'assistance à la procession du Saint-Sacrement avec une chandelle. Le corps était précédé des porteurs de torses et g-onfanons ^.

1. Le reste concerne tout particulièrement les chirurgiens pour qui certaines ordonnances sont renouvelées.

2. Archives communales de Lille. Carton 1271 ou Registre aux Résolutions du Magistrat, 341*'-% fol° 88 v".

3. « Les Maîtres des Corps sont responsables des contraventions des porteurs de torses et gonfanons ei de leurs valets » (Extrait d'une Ordonnance pour la procession du Saint-Sacrement du 4 mai 1771. — Archives COMMUNALES DE LiLLE. Registre aux placards de la Gouvernance n° 16468.)

Voici ce qu'on a écrit au xvm" siècle, pour la procession de Lille, au sujet des apothicaires :

Nous sentîmes les apolicaires, plus d'un quart d'heure avant qu'ils fussent arrivés vis-à-vis nous, tant lis étolent chargés de casse, de rhubarbe, de séné, de heaume, d'unguent, d'amplates.

Ces Messieurs sont bien aises de représenter les choses au naturel ; aussy vismes nous, au bout d'une de leurs torches, une paire de fesses des plus dodues et un petit homme à genoux armé d'une seringue qui leur faisait salamalec i.

Ce torse était-il celui des apothicaires ? On peut croire plutôt que cette description est une pure fantaisie de l'écrivain, comme les odeurs de rhubarbe^ de séné, de casse, qui l'incommodaient un quart d'heure d'avance.

En tout cas, les apothicaires possédaient un assez joli ■gonfanon^ comme on peut s'en rendre compte par la reproduction que nous en donnons dans la planche XV, et que nous devons ég-alement au talent de notre ami, Emile Théodore.

Ce g-onfanon, qui se trouve au Musée de Lille depuis le mois de janvier igoo ^, est un drapeau mesurant 45 centimètres de long- sur 60 de large, en taffetas rouge frangé de même. Les deux côtés sont semblables, seuls les noms inscrits sur les vases varient. Au centre se trouve sainte Marie-Magdeleine la main droite posée sur une tête de mort, au bras un flacon à parfum. En haut, à droite, les armes de Lille, la fleur de lys sur fond de gueules, puis en dessous deux pots à canon où sont inscrits, sur l'un des côtés : Conserva rosarum et Cera [sa) condita, sur l'autre : Unguentum populeam et Diacarthanium ; en dessous une boîte plate à poudre, où l'on lit Zinziber et Macis, et surmontée d'un cône ou petit pain de sucre ; enfin un

1. Raymond Richebé. Procession de. Lille au XVIII' siècle. Lille, 1892, p. 11.

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