‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 137 sur 196 · Archives communales de Lille. Carton 301, 13"" dossier · texte numérisé non relu

Archives communales de Lille. Carton 301, 13"" dossier

3. OzENFANT. Noie sur les anciens établissements liospilaliers de la Ville de Lille. Lille, 1883, p. 15.

4. Leuridan (l'abbé Th.). Histoire (inédite) de l'hôpital de Seclin, 2' partie, chap. XY.

On comprend qu'en de telles occurrences, et par suite d'affluences aussi considérables, les fonctions de pharmaciens d'hôpitaux militaires étaient loin d'être de simples sinécures.

En 1762, l'hôpital militaire de Lille fut transporté à l'endroit où il se trouve actuellement dans l'ancien collège des Jésuites. C'est là qu'on établit, en 1774? en même temps que dans les hôpitaux de Metz et Strasbourg-, « des amphithéâtres destinés à former en Médecine, Chirurgie et Pharmacie, des officiers de santé pour le service des Hôpitaux militaires du Royaume et des Armées ».

L'apothicaire major était chargé de faire des cours de pharmacie galénique et chimique aux chirurgiens, et un cours de botanique pour tous les médecins, chirurgiens et apothicaires.

L'apothicaire major fut logé dans le pavillon de la cour d'honneur de l'hôpital et l'on établit pour ses démonstrations un jardin botanique ^

En 1777, on confirma le règlement de 1774? comme semble le prouver l'article suivant du Journal historique et littéraire ^.

La sagesse du gouvernement vient de faire éclore un règlement concernant les trois amphithéâtres établis dans les hôpitaux de Metz, de Strasbourg et de Lille. Il contient trente-deux articles où il est dit : il y aura un démonstrateur apothicaire qui sera choisi pour donner des leçons de pharmacie, de chymie et de botanique ; il jouira de quatre cents livres d'appointemens du

Roi Il y aura en outre quatre apothicaires surnuméraires

externes, lesquels seront assujettis à assister régulièrement à leurs cours respectifs, et dans l'assemblée du l*"' juin, on décernera, en présence de l'intendant et du commissaire des guerres,

1 . Renseignements communiqués par M . Moty, médecin chef de l'Hôpital militaire de Lille.

2. Journal historique et littéraire du 1" mai 1777. Tome CXLVII. Luxembourg, 1777., p. 68.

un prix de la valeur de 120 livres au pharmacien surnuméraire qui l'aura mérité par ses connoissances, ses mœurs et son exactitude. Tous ces élèves en médecine, chirurgie et pharmacie seront préférés dans le service des armées, des régiments et des hôpitaux de sa majesté — Les compositions galéniques et chymiques se feront en présence des médecins, chirurgiens et apothicaires de ces hôpitaux, pour plus grande sûreté et exactitude dans les remèdes.

En 1781 et 1788 parurent deux règ-lements qui confirmèrent et complétèrent ceux de 1774 et de 1777.

Les noms de tous les apothicaires militaires qui ont passé à Lille ne sont pas tous connus : a En 1780, la préparation des médicaments, dit le docteur Faidherbe^, était confiée à MM. Wagner^, apothicaire major, Bruloy, apothicaire, et Laurenty, sous-aide major )>.

Pour l'an II de la République, il existe un document plus complet ; c'est l'état nominatif des pharmaciens en fonctions à «l'hôpital sédentaire de l'Humanité^ ». Le chef de service pharmaceutique était alors Sabin- Joseph Bruloy, pharmacien principal des camps et armées, natif de Lille ^5 et fils d'apothicaire ; ce personnag-e fournit de

1. Faidherbe (A.). Notes médicales sur l'ancienne Flandre, p. 27. Lille, 1889.

2. On n'a pas de renseignements sur Wagner ; Ton sait qu'il était démonstrateur de botanique en 1780, comme il l'indique dans sa demande de dispense d'apprentissage citée plus haut (chapitre II, p. 9) et qu'il fut nommé apothicaire-major chef le 10 octobre 1781, comme on peut le voir aux Pièces justificatives, n» 71.

3. Nom de l'hôpital militaire de Lille pendant la Révolution.

4. 24 May 1152. Je soussigné ay baptisé Sabin-Joseph Bruloy, né le 23 en légitim.e mariage d'Ignace-Séraphin- Joseph et de Marie-Claire LovvF.z; le parrain fut Sabin Tèdrel, prestre chanoine de cette collégiale, la marraine Marie-Catherine- Henriette Louvez.

Ignace-Séraphin-J oseph Bruloy.

Sabin Tédrel, chanoine.

Catherine-Henriette Louvez.

M" Charles-François-Joseph Demandt, prêtre et chap. de cette collégiale.

(Archives communales de Lille. Registre aux naissances de la paroisse Saint-Pierre, p. 140, 1751-1760.)

brillants étals de service * ; deux de ses fils suivirent la même carrière : Auguste-Célestin-Josepli, né à Lille, fut pharmacien militaire, et Gharles-Gélestin, né également à Lille, devint médecin militaire.

1. Élève appointé à l'amphithéâtre à Thôpital militaire de Lille, le 28 décembre 1777 ;

Apothicaire aide-major à l'armée de Normandie en 1778-1779, attaché à l'hôpital militaire de Lille le 15 octobre 1781, nommé au camp de Saint- Omer en 1788, de retour à Lille en 1788;

Nommé pharmacien en chef du même hôpital le 12 février 1792;

Pharmacien-major à l'armée des Ardennes, le 31 décembre 1792;

Pharmacien en chef de l'armée de la Moselle, le 27 frimaire an III;

Pharmacien en chef et professeur de chimie au Val-de-Gràce, le 7 brumaire an IV ;

Pharmacien en chef et professeur de chimie à l'hôpital militaire de Lille, le 3 floréal an IV;

Inspecteur général du service de santé, en remplacement de Bayen, le 26 pluviôse an VI (était à Marengo) ;

Pharmacien en chef de l'armée d'Italie, le 23 ventôse an VIII ;

Pharmacien en chef du Val-de-Gràce, le 14 vendémiaire an IX;

Pharmacien en chef au camp de Saint-Omer, le 4 vendémiaire an XII ;

Pharmacien en chef au camp de Boulogne, le II pluviôse an XII;

Pharmacien en chef à la Grande Armée, 1806-1813;

Pharmacien en chef de la Garde impériale en remplacement de Sureau, le 11 février 1813;

Admis à la retraite le 1" février 1816 ;

Mort le 23 janvier 1831.

(Voir aux Pièces justificatives, n" 72, la nomination de pharmacien aidemajor à Lille, le 15 octobre 1781.)

Le relevé de ces états de services est dû à l'obligeance de M. Balland, Pharmacien principal, à qui nous adressons l'expression de nos meilleurs remer ciments.

Il paraît que Sabin-Joseph Bruloy est l'auteur de quelques poésies.

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