‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 26 sur 196 · II. — Le chef-d'œuvre · texte numérisé non relu

II. — Le chef-d'œuvre

On l'a vu par ce qui précède, on le verra davantag-e encore dans la suite^ la sag-e préoccupation des autorités locales, tout autant que du pouvoir souverain, était de poser, pour ainsi dire, une garde tulélaire à l'entrée même de la profession pharmaceutique. N'est-ce pas aux a apothicaires » qu'est confiée en partie la santé, parfois la vie humaine ? L'ignorance, une simple erreur ne peuvent-elles pas causer la mort ou occasionner tout au moins de graves et reg-rettables accidents? La conscience administrative se trouvait donc, en la matière, gravement eng-agée et certes nos édiles comprenaient leur responsabilité. Aussi voiton les prescriptions se multiplier quand il s'agit d'ouvrir l'accès de cette carrière.

Il ne suffisait pas que l'aspirant justifiât qu'il avait achevé le temps de son apprentissag-e ; il fallait aussi et surtout qu'il fit preuve de connaissances réelles, solides et étendues.

De là, les examens et le chef-d'œuvre.

Quant lesdicts apprentifs auront faict et achevé leurs années d'apprentissaige , les maistres seront tenuz les remonstrer et amener par devant ceulx dudit stil pour y estre examinez pour sçavoir s'ils sont capables de passer et estre acceptez pour francqz apprentifz et n'estans trouvez capables pouldront estre renvoyez avec ordonnance encore un an à leur apprentissaige K

Cet examen n'était qu'un contrôle ; pour devenir maître il fallait « passer chief d'œuvre et aultre examen, lequel chief d'œuvre et examen lesdicts appolhicquaires debveront passer sur trois compositions telles que leur seront déclarées par lesdicts esgardz, ung- docteur en

1. Article YI des statuts de 1595, et article Y des statuts de 1635. Yoir aux Pièces justificatives, n"' 3 et 4.

médecine et les maistres dudict slil d'apothicquaires ^ >). Dès iSgS, on spécifie d'une façon formelle le nombre des examinateurs : deux docteurs, un égard ^ et deux apothicaires; mais en i635 le nombre est indéterminé:

Lequel chef d'œuvre au regard des apothicaires se debvra faire et passer sur trois compositions, tels que leur seront déclarez et baillez par ceux dudit siège auxquels l'autorité d'examen et la définition dudit chef d'œuvre appartiendra et à tels autres qu'ils jugeront bon d'appeler, qui à chascune fois qu'ils y seront appelez auront chascun pour leur vacation douze sols parisis à la charge du passant 3.

Cet examen avait lieu généralement chez le maître où l'on avait fait son apprentissage et ne pouvait se passer a en autre saison fors depuis le mois d'Apvril jusqu'au mois d'Octobre inclus, a raison que en autre tems les herbes ne sont en leur pleine vertu ^ ».

Il ne nous a pas été possible, jusqu'ici, de retrouver le programme d'un de ces examens subis à Lille. On nous permettra donc, pour combler cette lacune, de citer d'autres documents émanant d'une région comparable et presque assimilable à la nôtre par de nombreux usages basés sur Tindépendance communale.

Voici, d'après M. Broeckx ^, les questions d'un examen à Anvers au xvni® siècle :

Page 1