Archives communales de Lille. Carton 1284, 4™« dossier
2. Ce discours dont le texte latin se trouve aux Pièces justificatives,
n» 10, a été publié sous le titre : Oratio in laudem botanices Un
autre discours sur la botanique (en français) du même auteur a été publié en 1750.
âges, ce qu'il appelle la mig-ration de cette science passant des Patriarches aux Ghaldéens, aux Egyptiens par Joseph^ aux Perses par Daniel, aux Mag-es, aux Grecs et enfin aux Romains. Il la montre ensuite se fixant, pour ainsi dire, en Europe, et notamment en France.
Néglig-ée durant les guerres civiles, elle renaît et brille d'un nouvel éclat sous Louis XîII et Louis XIV, et atteint son apog'ée sous Louis XV.
La botanique eût peut-être été ensevelie dans les ténèbres et l'oubli, si, nouveau Mercure, Tournefort ne l'avait fait renaître d'un coup de son mag-ique caducée ; son système et ses institutes, ainsi que ceux de Rayus et de Linné, ravissent notre admiration.
L^orateur a étudié les ouvrag-es de ces savants ; il a voulu aussi étudier par lui-même les plantes qu'on trouve dans la région . Il a parcouru les champs et les forêts de Flandre, les prés, les bords des fleuves et les rivages de la mer, il a exploré les montagnes de cette province, afin de pouvoir se rendre utile au public.
Gomment doit-on étudier la botanique ? Gette science a un double objet : « la connaissance des plantes et leurs forces. »
Pour la connaissance, on pourra recourir à la Bibliotheca botanica si bien rédig'ée par J.-F. Séguier ^.
Quant aux forces, il ne suffit pas d'étudier les auteurs, il faut aussi l'expérience personnelle. L'orateur cite comme preuve l'exemple de tant d'hommes célèbres qui ont étudié expérimentalement les plantes, tels Mithridate, Lysimache, Eupator, et Sa! o mon surtout, guidé par l'extraordinaire sagesse que Dieu lui avait donnée.
Dans ses leçons, Gointrel s'appuiera sur l'autorité de
1. La Bibliotheca. botanica de Séguier (La Haye, 1740) est une bibliographie botanique et non un traité de botanique.
ces savants, de ces hommes célèbres et sur son expérience de trente années, dont les résultats sont consignés dans 25 in-folio avec dessins.
Ce qu'il cherchera avant tout, dans son enseignement, ce sera la gloire de Dieu et le salut du prochain ; ce qu'il veut, c'est ne blesser personne, être utile à tous et bien mériter du public.
Après cette pompeuse entrée en matière et ces alléchantes promesses, on peut se demander quel fut l'enseignement de Gointrel. Dans le début, il ne paraît pas avoir donné ce qu'on pouvait en attendre ; durant toute l'année 1749? Gointrel ne fît aucune démonstration pratique. 11 est vrai que la ville ne lui avait donné comme subvention qu\in jardin ; encore devait-il le cultiver à ses frais. En 1760, il comprit la nécessité pour les élèves d'avoir un jardin botanique, servant à leurs études pratiques ; il avait mis le sien à leur disposition, mais comme le temps lui manquait pour entretenir les plantes, il lui fallait un aide pour les cultiver.
Il présenta donc, en janvier 1750, à Messieurs du Magistrat, une requête en ce sens. Notre municipalité s'empressa de faire droit à sa demande, en août de la même année ^.
Ce jardin ^, soit qu'il fût trop exigu, soit que le bail en fût expiré, fut abandonné en 1752, et la Ville en loua un nouveau situé rue Dauphine ^. Avant d'entrer en bail le propriétaire fit faire un état des lieux ; on fît le dénom-