Voir aux Pièces justicatives, n
3. J.-B. Lestiboudois était né le 30 janvier 1715 à Douai, où il avait commencé ses études de pharmacie à l'hôpital militaire-, il s'était inscrit à la faculté de médecine et avait obtenu le titre de licencié en 1739. Mommé apothicaire major de l'armée du Rhin, il profita de son séjour en Allemagne pour étudier la flore de ce pays.
De retour à Lille, il se lia d'amitié avec Cointrel et l'aida dans ses travaux.
En 1774, il publia dans tes Observations sur la Physique de rABHÉ RoziER (tome m, Paris, 1774, p. 331) un mémoire sur la pomme de terre que Ton croyait être la cause d'une épidémie qui régnait alors ; elle lut reconnue innocente. 11 indiqua alors le premier tous les produits que l'on pouvait retirer de ce végétal intéressant. La même année il livra au
une requête visant le même objet ; elle n'eut pas plus de succès^.
Un mois plus tard, en juin 1761, ce furent les médecins et les apothicaires lillois qui essayèrent de faire aboutir ce projet. Ils adressèrent à l'Intendant de Flandre la pétition suivante :
A Monseigneur, Monseigneur de Caumartin, conseiller du Roy en ses conseils, intendant de justice, police et finances des provinces de Flandres et d'Artois, Monseigneur, Nous avons été pénétrés de la douleur la plus vive en apprenant la suppression du Jardin publique des plantes, quoiqu'il soit d'une utilité généralement reconnue que cet établissement subsiste en cette ville, MM. les Magistrats attendent sans doute encore votre décision pour décider définitivement sur cet objet.
Connoissant votre amour pour le bien publique, l'intérêt que vous prenés à tout ce qui peut contribuer à hâter le progrès des sciences et des arts dans les provinces qui vous sont confiées, nous avons cru pouvoir oser nous adresser à vous, Monseigneur, pour qu'il vous plaise ordonner que le Jardin des plantes subsiste en cette ville ; nous osons plus encore, Monseigneur, nous vous
public une Table botanique en faveur de ses élèves où le système du chevalier Von Linné et la méthode de Tournefort sont conciliés, suivie d'un Abrégé élémentaire pour servir d'explication à ladite table, selon laquelle le célèbre Valmont de Bomart expliquait à Paris la partie botanique de son histoire naturelle.
Son flls François-Joseph naquit à Lille le 20 janvier 1759, fit ses études de médecine à Douai, où il fut admis à la licence le 21 juillet 1784. Revenu à Lille, il fut suppléant de son père, auquel il succéda comme titulaire de la chaire de botanique. Il mourut le 26 juillet 1815.
« Dig-ne, dit Bottin {Mémoires de la Société des Sciences, des Arts et de VAgricullure de Lille. — Lille, 1826, p. 361), par ses connaissances en histoire naturelle et en médecine et par ses qualités morales, de fournir une plus longue carrière, ses cours étaient très suivis et il a fait un grand nombre de bons élèves. »
Thémistocle Lestiboudois, flls de François-Joseph, lui succéda dans l'enseignement de la botanique. Il fut le dernier Lestiboudois qui enseigna cette science à Lille.
1. Avis du procureur au sujet de la requête du sieur Salmon. Voir aux Pièces justificatives, n" 18. Archives communales de Lille. Carton 1284, 12™" dossier.
recommandons M . Lestiboudois que nous jugeons très capable de succédera M. Cointrel pour la démonstration des plantes dudit jardin.
. Puisse ce suffrage de notre part pour un confrère que nous estimons vous déterminer à lui accorder votre protection. A Lille, le 12 juin 1761.
Savarin, méd. — Riquet, méd. — Dehennion, méd. — Desomwagez, méd. — Six, méd. — N.-D.-J. Carette, méd. — Martin, méd. — Carbonnelle, méd. — Fauvel, méd. — Merlin, D. méd. — Dirat, méd. — Verly, méd.
— Dutel, méd. — Saladin, méd.
Nicolas Debrigode, maître du corps des apoticaires. — S. Desobry, juge garde des apoticaires. — Mallebrancq, doyen des appothicaires.— Wellecomme, appothicaire.— Dutel fils, apoticaire. — Th.-J. Laurent, apoticaire. — Ph,-Jos."Guffroy, apoticaire. — Carette Sohier, apoticaire.
— Bruloy, apoticaire. — Vanderbecken, apoticaire. — Duhamel, apoticaire. — Plancq, apoticaire. — Pierre Fr. De Brigode, apoticaire. — J.-E. Marissal, apoticaire. — P.-J. Boudin, apoticaire. — Ghesquier fils, apoticaire. — Ghesquier père, apoticaire. — L. Decroix, apoticaire. — F.-J. Jacquemant, apoticaire.
M. de Gaumartin renvoya cette pétition à Lille en y
ajoutant ces mots :
Paris, le 24 juin 1761.
La requête cy jointe, Messieurs, qui vient de m'être addressée par les médecins et apoticaires de votre ville semble démontrer combien il leur est important, et au public, que le jardin botanique soit conservé et que la direction en soit confiée au sieur Lestiboudois ; je vous la renvoyé pour qu'à mon retour à Lille ou je compte être incessamment vous me fassiez paît de votre sentiment et de vos motifs.
Je suis très parfaitement, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur. Gaumartin.
Le succès ne vint point davantag-e ; voici la réponse de MM. du Magistrat de Lille :
Il a été fait lecture de cette lettre le 18 juillet 1761 à l'assemblée de loy, et il a été résolu après le rapport fait de la conférence que
les députés ordinaires ont eu avec M, Decaumartin de ne point songer quant à présent au rétablissement dudit Jardin '. »
Jusqu'en janvier 1766, personne ne demanda plus rien. A cette époque, le médecin Salmon adressa cette nouvelle requête à M. de Gaumartin :
A Monseigneur Monseigneur de Caumartin, Intendant des provinces de Flandre et Artois,
Suplie très humblement le sieur Salmon, médecin de cette ville, disant que depuis la mort de M. Cointrel, médecin et professeur de botanique, cette première et essentielle partie de la médecine qui par son utilité est la plus importante dans l'art de guérir, est abandonné et rejeté comme futile.
Sur quoy le suppliant, Monseigneur, voyant de l'impossibilité en ce que, sous votre authorilé, une science qui tend à la conservation d'un peuple que vous chérissez et qui fait l'unique objet de vos soins puisse rester longtemps dans le néant, il ose s'exposer à vous en demander la place. Votre bonté pour la patrie, votre zèle à rétablir et faire fleurir les arts en Flandre le font espérer qu'aidé de votre faveur cet art enseveli reprendra avec plus de vigueur sa place ; cette tutelle de santé, (la botanique), s'étant mis sous vos auspices, ose espérer, quoique dans un état comateux, que vos sentiments si droits sur toute chose, votre équité reconnue travailleront de concert à la faire revivre, quoique semi morte dans cette Capitale, par son intercesseur.
C'est pourquoi,
Monseigneur, le suppliant a recours à votre grandeur, pour qu'il plaise lui octroyer ou du moins ouir favorablement sa réquisition.
A. Salmon méd. 2. »
Cette lettre fut renvoyée à MM. du Magistrat qui refusèrent de rétablir le jardin botanique et d'examiner les titres du candidat, (( puisque tous les apolicaires ont