Lemkry. Pharmacopée universelle. Paris, 1761, p
pilulaire préparé avec de l'essence d'opium , l'huile d'œufs que quelques vieilles officines ont encore dans leurs provisions, les huiles de vers de terre et de renard, des essences ou l'ong-uent Eg-yptiac, etc. •
Les rédacteurs de cette Pharmacopée n'avaient point oublié la partie chimique; on voit en effet un chapitre intitulé Pulveres chymici dans lequel on remarque : la crème et les cristaux de Tartre, qui étaient une cristallisation et non une pulvérisation, employée comme purg-atif et apéritif ; le Tartre vitriolé que l'on produisait après « avoir saoulé d'acide vitriolique le Tartre alkisé ^ »
Le Safran de Mars apéritif était ce qu'on appelle le colcothar, puisqu'on le préparait en calcinant, jusqu'à ce qu'on obtînt une poudre rouge, une pâte formée de limaille de fer, de soufre et d'eau, qu'on avait fait « fermenter » pendant cinq heures.
Le Safran de Mars astringent était un acétate de fer ; le safran des métaux ou foie d'antimoine était celui que l'on emploie aujourd'hui; les fleurs de soufre, le mercure doux, le mercure précipité sont trop connus pour devoir être décrits. Quant à leur Sal prunellœ c'était du sulfate de potasse préparé par calcina tion d'un mélange de salpêtre et de soufre.
Il y a encore de nombreuses préparations dans ce livre ; nous nous sommes borné à citer celles qui offrent le plus d'intérêt au point de vue rétrospectif. On comprendra aussi que, dans les pages qui précèdent, nous n'ayons pas cité par exemple toutes les plantes qui ne figurent plus dans le codex de 1884. Cette sèche nomenclature nous eût entraîné trop loin ; nous avons cru devoir nous borner à mentionner les plus intéressantes et nous ag'irons de même dans le chapitre suivant.
1. p. J. Decroix. Physico-Cliymie théorique. Lille, 1768, p. 229.
Ce travail qui avait demandé tant de labeur et tant de recherches méritait bien une récompense. MM. du Mag-istrat le comprirent, car on trouve au chapitre des dépenses extraordinaires au compte de la ville de i64o l'article suivant :
Aux docteurs, doyen, égardz et maistres du siège des appolicquaires sur requeste présentée h. Messieurs du Magistrat qu'il auroit pieu ausdicts du Magistrat ou prédécesseurs en office, pour le maintenement et conservation de la pharmacie et pour le bien du publicq de statuer et ordonner que le dispensaire et formulaire seroit redressé et reformé pour auquel satisfaire et ensuicte d'aucthorisation sur requeste présentée par iceulx seroient esté convocqué plus de trente fois tous les docteurs de cette ville lesquels avecq les aultres en présence des échevins et surintendens dudit siège ont reveu et examiné, retranché du SLqoerfiu, augmenté du nécessaire et aussy tellement réformé ledit dispensaire après longs et pénibles labeurs, redressant quant et quant les poids et aultres erreurs lesquelz s'écouloient es bouticques de la pharmacie au grand préjudice du commun ; comme est plus au loing reprins par ladicte requeste au marge de laquelle Messieurs du Magistrat ayans pour aggréable les debvoirs cy mentionnez leur ont accordé la somme de quattre cens quattre vingt livres parisis. Icy ladicte somme : 1111^ IIlI^x Hy.
Par ordonnance sur requeste et quictance cy remises signées par Pierre Ricart, receveur commis au siège des appothicaires, et à charge de le porter en compte au Corps dudit stil qu'il en appert au compte sequent ^.