‹ Histoire de la pharmacie à Lille de 1301 à l'an XIChapitre 77 sur 196 · Lespleigney. L,oc. cit., p · texte numérisé non relu

Lespleigney. L,oc. cit., p

2. Debionne. De l'Hisloire du médicament. Amiens, 1884, p. 24.

C'est ainsi qu'on était préservé de la peste en portant sur le cœur, enfermée dans un sachet, une pierre d'hyacinthe ; que la Pierre néphrétique, attachée à l'habit vers les reins, ^'uérissait de la gravelle ; que les Perles et le Saphir réjouissaient le cœur; que la « Pierre des rompus ' » guérissait les fractures, que la Turquoise réconfortait la vue, que la Pierre d'azur rendait riche et aimable, que la Sardoine donnait du courage, que le Grenat portait à la colère. Heureusement toutes n'avaient point des vertus fictives, quelques-unes possédaient de véritables qualités : la Pierre diamant, l'Argile, le Gypse, l'Hématite, TOcre, la Brique, la Pierre d'aigle, la Gadmie étaient astringents; le Jais,carminatif; la Pierre arménienne dessiccative; la Pierre judaïque et les Coquilles de moule, diurétiques; les Pyrites, dig'estives; la Coraline, rafraîchissante ; la Calamine blanche, utile pour les maladies des yeux ; l'Albâtre pour apaiser les douleurs d'estomac; la Poudre d'acier pour g-uérir la jaunisse; la Saumure, pour enrayer la rage.

Après ces nomenclatures, on trouve quelques explications sur les poids et mesures, enfin la liste des eaux distillées simples au nombre de 46. Ensuite commence la partie vraiment galéno-chimique de cette pharmacopée.

Pour parler des préparations disparues du codex de 1884, il faudrait parler à peu près de toutes, car celles qui y sont encore inscrites ont subi des modifications plus ou moins essentielles; cependant quelques-unes méritent qu'on les signale :

L'Eau contre les vers (Aqiia ad lumbricos) ; l'Eau rég-ale ou philosophique (Aqaa regalis seii philosophica)

1. Osleocolla, Pierre des rompus, servait « pour aglutiner et remettre en peu de temps les os rompus, étant appliquée sur les fractures et prise intérieurement. » (Lemery, Dictionnaire universel des drogues simples, p. 354. Paris, 1760.)

que l'on obtenait en distillant un mélange à parties ég-ales de sel nitre et de sel ammoniac. Ce produit était un diurétique qui guérissait de la pierre.

Après les tisanes, on trouve le Lait amjg'dalin et le Lait virg-inal préparé à la litharge et au vinaigre, puis les Meliites, les Oxymels et les Hydromels; parmi ces derniers l'Hydromel simple dont la formule, identique à celle de i64o, était inscrite au codex de 18G6, et l'Hydromel vineux qui n'a pas changé quant à sa préparation ; seule la manière de voir quand il est cuit a varié ; l'aréomètre d'alors était un œuf frais : « faire cuire jusqu'à ce qu'un œuf frais que l'on jettera surnage. »

La préparation que l'on trouve ensuite est le Diamoron ; il se faisait avec des sucs de mûres et de framboises et du miel, mais sa consistance devait être celle d'un sirop.

Dans les sirops on remarque le sirop royal de Mesué ou Julep rosat que l'on confectionnait avec de l'eau de roses et du sucre en pain ; le sirop Byzantin composé où des produits orientaux s'alliaient avec des vég"étaux du pays ; le sirop de Myrte composé qui arrêtait les liémorrhagies ; le sirop d'Hyssope, avec ses figues sèches et ses dattes grasses, qui était un sirop pectoral, comme le sirop de Jujubes de Mesué, qui se faisait avec des jujubes, de l'org-e, de la racine de rég'lisse, du capillaire, des violettes, des semences de mauves, de coings, de pavots, de melons, de laitues, de la gomme adrag-ante, etc.; le sirop de Raifort de Fernel avec ses 29 produits et du sucre et du miel.

On trouve, quelques pages plus loin, trois sirops de Chicorée : le premier appelé sirop de Chicorée composé était employé comme apéritif; le second qu'on nommait sirop de Chicorée composé avec Rhubarbe, et le troisième sirop de Chicorée composé avec une dose triple de Rhubarbe étaient seuls purgatifs : l'un et l'autre avaient la même composition^ avec cette seule différence que le

dernier avait trois onces de Rhubarbe, tandis que l'autre n'en avait qu'une once. Parmi les autres sirops purg-atifs il devait y en avoir de fort désagréables au goût, témoin celui de Roses composé avec Séné et Agaric où l'on ajoutait en plus des deux produits précédents du g-ing-embre.

Une préparation, le Looch, qui n'avait de semblable à celui de i884 que le nom, fut abandonnée en 1694, fort probablement parce qu'elle était trop difficile à exécuter ; qu'on en juge plutôt :

Prenez des raisins passés, des figues grasses et des dattes de chaque 2 onces, 30 jujubes et 30 sebestes, la moitié d'une once de racines d'iris de Florence, de réghsse, de feuilles d'hyssope, de calaminlhe, de polytric, de semences d'anis, de fenouil de lin, et d'écorces de cannelle .

Faites bouihir le tout dans cinq litres d'eau jusqu'à réduction à 2 livres, ajoutez au jus exprimé 2 livres de penides et faites cuire de nouveau jusqu'à consistance de miel, ajoutez alors, après les avoir contusés, 5 drachmes de pignons choisis et 3 d'amandes douces, puis en agitant vivement 3 drachmes de chacune des poudres suivantes : réglisse, gomme arabique, gomme adragante, et amidon et 2 drachmes de poudre d'iris. Mêlez le tout ensemble et faites en un Looch.

En parlant de ce looch, Lemery '^ dit : « cette g'rande description me paraît bien embarrassée . » Il faut reconnaître que cette critique n'est que trop justifiée.

On voit encore des préparations telles que les Penides d'org-e et la Conserve de roses, la confection d'Hamecli que les pharmaciens de Paris ont réformée en 1758, l'Hière picre de Galien, qui signifie grande composition amère, l'extrait d'Iris nostras de L. Gardien, dont on ne trouve la trace que dans les ouvrages de la région, le Laudanum de Quercetanus, qui était un extrait de consistance

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