‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 115 sur 358 · I. ^ NATURE, PRINCIPES ET FORIES DE L'ÊTRE · texte numérisé non relu

I. ^ NATURE, PRINCIPES ET FORIES DE L'ÊTRE

I. .Nature de l'existence. — La philosophie première ou métaphysique est la science de Tètre. — L*ètre ne consiste pas, comme Platon Fa cru, dans Funiversel, mais dans Tindividualité : Socrate est Socrate par ce qu'il a de propre et non par ce qu'il a de commun avec les autres nommes. — L'individualité réside dans l'activité : ce qui est agit, et ce qui agit est. — Gomment Aristote rétablit au premier rang, dans la philosophie, la notion de l'activité.

H. Principes de l'existence : matière, forme^ cause efficiente et cause

finale, — L'activité, chez les êtres imparfaits, renferihe deux éléments : a puissance ou virtualité, par exemple la puissance de penser : et l'acte ou réalité, par exemple l'acte de la pensée. La puissance ne fait qu'un avec la matière d'où les choses sont tirées, et l'acte ne fait qu'un avec

1. Aristote, né à Stagyre, l'an 384 avant Jésus-Christ, était fils de Nicomàque, médecin du roi de Macédoine. Il suivit pendant vingt ans les leçons de Platon à Athènes. Il devint ensuite le précepteur d'Alexandre, qui, en lui donnant de riches collections d'histoire naturelle et des sommes d'argent pour acheter des livres, favorisa son zèle pour toutes les sciences. En 334, Aristote fonde à Athènes une école, dans les allées du Lycée; d'où le nom de péripatéticiens ou promeneurs donné à ses disciples. Suspect de macédonisme et d'athéisme, il fut obligé de quitter Athènes et se retira à Cbalcis dans l'île d'Eubée, où il mourut en 322, probablement après avoir pris du poison.

Les mathématiques sont la seule science, connue des anciens, dont Aristote n'ait pas traité spécialement ; ses œuvres forment une véritable encyclopédie du savoir humain au iv® siècle avant Jésus^Christ.

Les traités d' Aristote sur les causes premières ont été réunis en un seul livre par les commentateurs, et placés par eux à la suite et au-dessus des traités de physique (urrà rà ^uo-exà) ; de là vient le nom de métaphysique àonné depuis à l'étude des causes suprasensibles.

La logique d'Aristote et la théorie du syllogisme, dont il est l'inventeur, fr ^^ouvent dans les traités réunis sous le nom d'Organum ou « Méthode, » ff^'aité des Catégories, de la Proposition, premières et secondes Analy- »ÇtUes, Topiques et traité des Sophismes), La morale et la politique d'Aris- '♦^t^ sont contenues dans la Morale à Nicomaque, dans la Morale à Eudéme,

^^3 dans les ouvrages intitulés : Physique, Histoire naturelle des animaux ; ^ Parties des animaux ; de la Génération des animaux ; Météorologie, 'T^ité du Ciel, etc. Aristote est le fondateur de l'anatomie et de la physmogie comparées.

la forme ; par exemple la matière de la statue ou le marbre contient ^^

statue en puissance ; la forme est la statue en acte. — A la caa J^' matérielle et à la cause formelle, Aristote ajoute deux autres causi la cause efficiente, par exemple le statuaire, et la cause finale,-^ exemple la gloire. Telles sont les quatre causes premières. — Mais* cause formelle, étant Taction, se ramène à la cause efficiente, et celh ci à son tour se ramène à la cause finale, car on n'agit qu'en vue d*u ^^^ bien qui est la fin de l'action. — La matière et le bien, ou la puissance ^ et Pacte, sont en définitive les deux principes de toute existence. III. FoKMES DE l'existence : mouvement et progrès de la nature. — L^ mouvement ou changement est le passage de la puissance à Tacts, d^ Timperfection à la perfection. Le mouvement de la nature est un pro^ — grès continu par lequel elle s'élève des formes inférieures aux formel supérieures, de l'existence minérale à la vie végétative, de la vie végé^ tative à la vie animale, de la vie animale a la vie humaine, de la vi^ humaine à la vie divine. C'est le supérieur qui explique rinférieur* donC il est la raison finale ; c'est l'acte le plus parfait qui explique l'acte 1^ moins parfait. — Or, l'acte le plus parfait, selon Aristote, est la pensée. — C'est donc la pensée (]ui explique et constitue l'existence, c'est lat pensée même qui est l'existence : les choses existent dans la mesure Quelles agissent, et elles agissent dans la mesure où elles pensent ; exister, c'est donc penser.

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