‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 132 sur 358 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Pyrriionisine. — Épicurisme et Stoïcisme. — Nouvelle académie. — Philosophie latine.

I. PYRRHON. — Après Aristote, la philosophie grecque semble lasse des hautes spéculations. Pyrrhon adopte le scepticisme. La sagesse consiste selon lui à ne rien affirmer et à toujours suspendre son jugement.

II. Epioure. — I. Physique, — Toute connaissance vient des sens ; toute existence se réduit à la matière. La matière est composée d'atomes qui se meuvent éternellement dans le vide. Ces atomes renferment une certaine spontanéité qui se traduit par le pouvoir de s'écarter, de décliner de la ligne droite, ou déclinaison. Grâce à ce pouvoir, les atomes se rencontrent et se combinent. — La déclinaison a son analogue dans notre liberté d'in«lifférence qui nous permet de nous mettre à Técart de la souffrance et de coûter le vrai plaisir. Le destin ne gouverne pas toutes choses ; il faut faire une part au hasard, c'est-à-dire à la spontanéité du mouvement dans les corps et à la liberté d'mdifference dans l'àme. — II. Morale. ~ Le souverain bien est le plaisir stable, non le plaisir mobile et fugitif. Toute la morale consiste dans Tart d'être heureux.

UI. ZENON ET LES STOÏCIENS. — I, Physique. — Le fond de l'être est la force, la tension, l'énergie. Nous ne sentons les choses qu'en mesurant leur force à notre propre force. - La force, essence des choses, suppose un principe passif et un principe actif ; la matière est passive, la pensée ou raison est active. Ces deux principes ne sont séparés que par l'abstraction. — La raison agit au sem même des choses, non audessus ; elle est intérieure ou immanente, non supérieure ou transcendante. Cette raison intérieure est à la fois le destin et la providence du monde ; car tout s'enchaîne rationnellement et nécessairement. Dieu n'est que la Raison qui agit et lutte dans l'univers. Panthéisme stoïque, — IL Morale des Stoïciens. — !<> Doctrine de la liberté. — Il y a dans l'individu un principe de liberté intime : la volonté faisant effort sur soi et luttant contre les obstacles extérieurs. — Distinction fondamentale des choses qui dépendent de nous, comme la force d'àme, et des choses qui ne dépendent pas de nous, comme les richesses ou la santé. Dans les premières seules se trouve le bien proprement dit : la volonté seule peut être bonne ou mauvaise ; les autres choses sont agréables ou désagréables, vraies ou fausses, mais non à proprement parier bonnes ou mauvaises. Le bien moral est donc le seul bien. — Grandeur et. beauté de ce principe. — Les Stoïciens ont eu raison de placer le bien dans la liberté intérieure, mais ils se sont fait une idée insutfisante de cette liberté, qu'ils conçoivent à la fin comme la nécessité comprise et acceptée. — 2* Doctrine de la fraternité et de la justice. — La hberté ou raison, qui est Tessence de chaque homme, le rapproche de tous les autres hommes et de tous les autres êtres : le monde entier est une famUie. Vivre conformément à sa nature, c'est vivre conformément

à la nature entière ; vivre conformément à sa raison, c'est vivre conformément à la raison universelle ; être libre, c'est travailler à la liberté de tous. Caritas humani generis, — Le droit, fondement de la justice, n'est que la raison écrite. — Le stoïcisme a produit les plus grands jurisconsultes de l'antiquité. — Comment cette idée du droit aboutit à la condamnation de toute tyrannie et de tout esclavage : H(»mo res scura hominû — '6^ Doctrine du souverain bien. — Le souverain bien est la vertu, qui trouve sa joie en elle-même : Gratuita est virtus ; virtutis praemium ipsa virtus. Divinisation du sage : il est seul libre, seul roi, seul beau, seul beureux. Il est égal ou supérieur aux dieux mêmes. II s'alîrancbit de plus en plus des passions et devient impassible. Il s'affrancbit au besoin de la vie par un acte de suicide raisonné et volontaire. — Grandeur et défauts du stoïcisme. Sa baute idée de la dignité bumaine et de la force intérieure ; comment il a méconnu la Force expansive de l'amour.

IV. Nouvelle académie. — Arcésilas et Caméade. '— Il n'y a point de certitude, mais seulement des probabilités.

V. Scepticisme empiriste. — Selon Œnésidéme^ Agrippa, Sextus^ on ne peut saisir que des apparences. Leur positivisme anticipé.

VI. Philosophie latine. — Epicurisme de Lucrèce; probabilisme académique et morale platonicienne de Cicéron; stoïcisme de Sénéque. Absence d'originalité cbez les philosophes latins.

La philosophie grecque, après Aristote, semble découragée des spéculations purement métaphysiques et se reporte vers la considération de la moralité. C'est une sorte de réflexion de la volonté sur elle-même. S'il y a décadence sur certains points, il y a progrès sur d'autres ; car le retour à la considération de la moralité est en définitive le retour aux vrais principes de la science, aussi bien que de la pratique.

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