‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 141 sur 358 · V. - SCEPTICISME EMPIRISTE · texte numérisé non relu

V. - SCEPTICISME EMPIRISTE

Le scepticisme empiriste pousse le doute plus loin encore que la nouvelle Académie. C'est pour ainsi dire le positivisme de l'antiquité, représenté surtout par des médecins et des savants pour lesquels les phénomènes seuls ont une valeur : Énésidème Agrippa, Sextus l'empirique (i" et ne siècle après Jésus-Christ)

Les Stoïciens avaient supprimé la conscience de l'immatériel qu'avait admise Aristote, et Tintuition rationnelle de l'intelligible qu'avait admise Platon. Dès lors, il semblait n'y avoir plus qu'un moyen de passer des phénomènes visibles aux causes invisibles : le raisonnement. Les empiristes démontrent, non sans raison, que ce moyen est insuffisant et que ce passage est impossible. On ne saurait conclure des phénomènes aux causes, comme des signes aux choses signifiées ; car, pour comprendre un signe, il faut déjà connaître la chose signifiée : le signe et ce qu'il signifie se supposent mutuellement ; mais comme, par hypothèse, nous ne connaissons point les causes en elles-mêmes, les phénomènes ne sauraient nous faire reconnaître ce que nous ne connaissons aucunement. On ne peut donc conclure que des phénomènes aux phénomènes, des apparences aux apparences ; on ne peut saisir que leurs rapports de succession ou de simultanéité dans le temps. Le médecin Sextus l'Empirique (1) développe cette thèse dans une longue série d'arguments toujours subtils et parfois profonds.

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