‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 160 sur 358 · De ordine, I, p. 58 1 (édit. Gaume · texte numérisé non relu

De ordine, I, p. 58 1 (édit. Gaume

3. De Trinit., VIII, 3. — Dans les livres du faux Denys TAréopagite, rinfluence filatunicienne et même néoplatonicienne est plus évidente que partout ailleurs. Il n'est aucun des termes les plus hardis de Plotin qui ne

On le voit, la méthode platonicienne d'élimination qui aboutit à la conception d'un Dieu supérieur à la pensée et à Tessence se retrouve tout entière dans la philosophie chrétienne, et s'y combine avec la conception théologique de Dieu le Père, principe ineffable et incompréhensible.

II. Dieu conçu comme la Raison suprême, — La dialectique platonicienne n'est pas une méthode purement négative : en même temps qu'elle conçoit Dieu comme la perfection inaccessible en soi, elle le conçoit aussi comme la perfection communicable, où sont éternellement subsistantes et éternellement entendues les raisons de toutes choses. Sous ce rapport, la dialectique a pour terme la Raison universelle, c'est-à-dire le Verbe, le Aoyo^ Tel est aussi, dans la philosophie chrétienne, le second aspect sous lequel Dieu apparaît à notre intelligence.

Les Idées platoniciennes sont explicitement dans Clément d'Alexandrie. D'après lui, la nature propre du Verbe est d'être le type de toutes les idées, la raison suprême de toutes les vérités, le centre d'union de toutes les puissances (I). Le Père est l'unité absolue, le Fils est l'unité dans la pluralité ; cette pluralité intelligible le rend accessible à la démonstration, tandis que lé Père est ineffable (2).

soit accepté par Donys, et même exao^éré encore. D'après lui, Dieu n'est pas seulement inetfable et inintelli-riblè; il est encore supra-inelTable et supra-inintelligible. [De divinis nominibus, II, 4.) H n'est pas parfait, mais supra-parfait ; il n'est pas Dieu, mais archi-Dieu. Il n'est ni puissance, ni vie, ni lumière, ni essence; il n'est même, à proprement parler, ni unité, ni divinité, ni bonté. {Theol. myst.^ V, 7.) Dieu est supérieur à toutes les contradictions de la pensée humaine ; aussi peut-on l'appeler l'essence inesscntielle. l'intelligence inintelligible, la parole ineffable. Il est l'indctermination supra-essentielle (Dé div. nom., I), l'absence de raison, dii pensée, de nom « De là vient que les théologiens ont préféré s'élever • à Dieu par la voie des l«»cutions négatives. » {De div. nom., XIII.) — « Ces négations ne signifient nullement qu'il y ait en Dieu la privation < de ce qu'elles nient, mais au contraire; excès et plénitude En Dieu « seul l'absence de substance est la substance infinie, l'absence de vie « est la vie suprême, l'absence de pensée est la suprême sagesse. » {De div. nom., IV.) - <• Comme si le marbre renfermait des statues innées: « la main de l'artiste n'aurait qu'à enlever ce qui les cache, et dévoilerait I ces beautés cachées en ôtant ce qui n'est pas elles. » On reconnaît la pensée qui avait inspiré à Plotin et à l^roclus leur distinction de la théologie négative et de la théologie affirmative. Cette distinction devint fondamentale dans la métaphysique chrétienne.

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