‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 179 sur 358 · In magistrum sententiarum, I, distinctio 39, quœstio · texte numérisé non relu

In magistrum sententiarum, I, distinctio 39, quœstio

2. Né en Angleterre. Il professa à Paris ?ous Philippe le Bel. Il écrivit pour Philippe contre les prétentions du Saint-Siège et de Boniface VIII. Il écrivit aussi pour l'empereur Louis de Bavière, auquel il disait : « Détends-moi avec l'épée, je te défendrai avec ma plume. » Persécuté, il se réfugia à la cour de TEmpereur et mourut à Munich, en 1345. Oa r avait surnommé le docteur invincible, doctor invindbilis^

TROISIÈME PÉRIODE DE LA 8CH0LASTIQUE. — OKKAll ET GERSON. 213

Après Okkam, la dialectique des écoles se perd de plus en plus dans les arguties : c'est la dissolution de la scholastique.

Le dégoût de cette logique et de cette ontologie incline un grand nombre d'esprits au mysticisme. Pétrarque, sur la fin de sa vie, écrit des traités de philosophie contemplative, empreints de néo-platonisme. Vers le même temps, sur les bords du Rhin, s'élève un mysticisme métaphysique et spéculatif d'une hardiesse germanique, qui, se plaçant tout d'abord au sein de l'Être absolu par la contemplation, en fait sortir le monde comme un torrent de phénomènes, et érige en bien suprême l'identité avec Dieu. C'est le mysticisme de maître Eckart, de Tauler et du Flamand Ruysbroeck.

En France, le mysticisme est plus psychologique et plus sage. Gerson (1), comme l'école de saint Victor, fonde ce mysticisme sur des observations et des expériences intérieures. Dans son traité sur la théologie mystique, il le présente, non comme une science abstraite, mais comme une science expérimentale, appuyée sur des états de l'âme que connaît toute âme pieuse.

Le mysticisme encore trop savant de Gerson ne pouvait suffire aux âmes fatiguées de la scholastique : de là un mysticisme populaire, dont la plus admirable expression fut l'Imitation de Jésus- Christ, attribuée au religieux Thomas-à-Kempis, mais dont l'auteur demeure inconnu. Toute la scholastique s'écroule au soufile de cette piété ardente qui préfère à la science l'amour. « Mieux vaut éprouver la componction que d'en savoir la définition. » « Tout homme désire savoir naturellement, mais qu'importe la science sans la crainte de Dieu (2) ? » La crainte elle-même n'est que le commencement de la sagesse ; son achèvement est l'amour : « L'amour est fort comme la mort. »

Mais quelque admirable que soit ce livre par la connaissance de la vie contemplative, il est loin de donner une idée exacte et complète de la vie réelle, surtout de la vie civile et politique. C'est la morale du religieux, qui a fait vœu d'obéissance, plutôt que de l'homme et du citoyen libre. « Cours çà et là, tu ne

1. Né à Reims, en 1363, disciple et successeur de l'ardent nominaliste Pierre d'Ailly comme chancelier de l'Université, fut exilé ou s'exila volontairement à Lyon, où il se fît maître d'école pour les petits enfants, comme on le voit dans son traité Deparvulis ad Deum ducendis. Il mourut en 1429. On lui attribue à tort Vlmitaiion de Jésus-Christ,

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