‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 180 sur 358 · De Mit. Ckristi · texte numérisé non relu

De Mit. Ckristi

trouveras le repos que dans l'humble soumission à l'autorité d*un chef ! > « Qu'il est grand de ne pas s'appartenir à soi-même, sui juris non esse / » — C'est l'idée du droit qui est ici repoussée, c'est le commerce des hommes qui est rejeté, c'est le dégoût de la vie sociale qui est inspiré. Une telle doctrine encourage la tristesse et l'inertie : préoccupée du seul soin de rapprocher l'homme et Dieu, elle reste indifférente aux grandes injustices sociales. Par cela même elle exprimait fidèlement le véritable esprit du moyen âge. — Le succès du livre fut inattendu, rapide, immense. Limitation fut traduite dans toutes les langues ; elle répondait à un besoin universel ; elle mettait « Vâme fidèle » en rapport direct avec le Christ; sans l'intermédiaire du théologien. Rome y vit un danger et défendit la lecture du livre ; mais l'opinion se prononça si fortement en sa faveur que Rome finit par céder.

Ainsi la scholastique expirante était retournée au mysticisme dont elle était sortie. Concilier ce mysticisme avec la philosophie d'Aristote, telle avait été sa tâche. Aristote et saint Augustin, voilà le fond de toutes ces longues études qui aboutirent si rarement à des idées originales. Comme saint Augustin lui-même avait emprunté sa philosophie aux néoplatoniciens, ce furent en réalité Platon et Aristote qui inspirèrent tout le moyen âge. La seule idée qui ait fait des progrès pendant cette longue période, c'est celle de la volonté et de l'amour ; mais, sous l'influence du dogme de la grâce, on considère toujours la volonté en Dieu comme arbitraire ; dans l'homme, la volonté est aussi représentée comme une liberté d'indifférence toutes les fois qu'elle n'est pas représentée comme une prédétermination et une nécessité. Enfin, l'amour demeure un sentiment pieux et contemplatif plutôt qu'une bienfaisance active, ayant soif de justice autant que de fraternité. C'est une charité de religieux et non de citoyen: on n'a pas encore compris que l'homme a une valeur absolue en tant qu'homme, en tant qu'être libre, et que le droit est fondé sur cette valeur, qui rend notre liberté inviolable tant qu'elle-même ne viole .pas la liberté d'autrui.

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