‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 18 sur 358 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Doctrines philosophiques des anciens peuples.

^' 7^ Métaphysique des Indiens. — Polythéisme et panthéisme de la religion Y^ahmanique. — La première doctrine de Tlnde fut le polythéisme, ï-'homme conçoit toutes les puissances de la nature à Timage de sa propre puissance, comme douées d'intelligence et de volonté. Ce polythéisme respire dans les hymnes desVédas. — Puis la pensée indienne P^se au panthéisme qui fait le fond de la religion brahmanique. — Les dieux multiples se réunissent sous trois grands dieux, qui eux-mêmes Sont les puissances diverses de l'Esprit universel. — La production du Daonde est une émanation de Dieu ; Dieu engendre le monde par amour, ^ais par un amour mêlé de désir. En tant qu'il crée, Dieu est Brahma ; ^n tant qu'il détruit, il est Siva ; en tant qu'il conserve, il est Vichnou : 9*est la trinité indienne. — A cette théorie de l'émanation divine se joint la transmigration des âmes. En vertu de cette loi, chaque être a <lans l'univers la place et la forme qui conviennent à son degré de Dioralité. Il n'y a point de destin extérieur qui gouverne la vie des êtres ; chaque être, par son vice ou sa vertu, se fait à soi-même son propre destin. — Originalité et grandeur de cette conception. "• -^Morale de la religion brahmanique. — Dévotion, humilité, modestie; patience et pardon des injures ; amour et respect des faibles ; amour 6^ respect de la femme ; pitié et respect des animaux. — Malgré sa Candeur, cette morale ne place pas dans la liberté le vrai caractère du bien. — Dans l'ordre social, elle consacre Tinjustice des castes et aboutit au despotisme sacerdotal .

m. -^Philosophie indépendante dans VInde. — Les principaux philosophes indépendants furent Kapila, auteur d'un système sensualiste, Gotama, auteur d'un système de logique déjà remarquable, et Patandjali, chef

d'une école mystique à laquelle paraissent se rattacher, d'abord les doctrines exposées dans le BhagavadGita (supériorité de la contemplation sur l'action), et les doctrines du grand réformateur Boudha. IV. — Philosophie de Boudha. — Sa métaphysique et sa morale sont résumées dans les quatre vérités sublimes : l^ l'existence sensible est une illusion ; 2« le désir, qui résulte de cette existence, produit la douleur ; 3" l'illusion et la douleur de l'existence sensible peuvent cesser par le nirvana, qui est l'anéantissement de l'existence mobile au sein de l'existence immuable ; k^ on arrive au nirvana par le renoncement absolu à soi-même et par Textinction de tout désir. — De là, dérive la morale boudhiste : égalité morale de tous les hommes ; indépendance de la morale par rapport au sacerdoce, substitution des devoirs moraux aux pratiques religieuses ; fraternité universelle, devoirs de charité, de douceur, de pardon, d'humilité, de tolérance. — Malgré sa pureté, la morale du boudhisme est trop mystique et trop contemplative : l'idée de la charité y est admirablement développée, l'idée du droit en est absente ; les vertus civiles et politiques sont sacrifiées en Orient aux vertus mystiques et religieuses.

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