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PHILOSOPHIE DE LA RENAISSANCE

gouvernement tempéré, il fallait mélanger les diverses formes de gouvernement; non, ce qu'il faut réunir et concilier, ce sont les divers principes de gouvernement : l'unilé qui est le principe de la monarchie, la liberté qui est le principe de la démocratie, la proportionnalité qui est le principe de l'aristocratie. Malgré cette théorie neuve et profonde, Bodin n'arrive pas à dégager entièrement les principes des diverses formes gouvernementales, et à reconnaître que l'unité vraie, la vraie liberté, la vraie proportionnalité sont inhérentes au seul gouvernement de droit, celui de tons par tous. Il s'arrête encore à un mélange de monarchie et de démocratie. Il n'en a pas moins l'honneur d'avoir le premier appliqué la jurisprudence à la politique, œuvre que devait plus tard reprendre Montesquieu. C'est la France, on le voit, qui a fondé scientifiquement la politique de principes, la politique de droit.

IV. C'est surtout l'esprit scientifique et la vraie méthode qui avaient fait défaut au moyen âge. On expliquait trop souvent les faits par des actions extraordinaires sans conditions déterminées ; on voyait partout des puissances, facultés ou vertus assez semblables aux nôtres : « C'étaient de petits lutins de facultés, paraissant à propos comme les dieux de théâtre ou comme les fées de YAmadiSy et faisant au besoin tout ce que voulait un philosophe, sans façon et sans outils. » On prenait, comme Ta dit Leibniz, « la paille des termes pour le grain des choses, » et on aboutissait à l'art de Raymond Lulle, le Grand art^ « qui enseignait, dit Descartes, à parler de tout, sans rien savoir. »

Les grands initiateurs de la Renaissance comprirent qu'il ne suffit pas de tenir les mots pour tenir les choses, et qu'il faut en appeler à la réalité même. Léonard de Vinci, l'auteur de la Joconde et de la CènCy non moins grand savant que grand artiste, excita les sciences à l'amour et à l'observation de la nature. « L'expérience, disait-il, est seule interprète de la Nature ; il faut donc la consulter toujours et la varier de mille façons, jusqu'à ce qu'on en ait tiré les lois universelles; et elle seule peut nous donner de telles lois. » Au précepte Léonard de Vinci joint l'exemple : il fait avancer la physique générale, l'optique, la mécanique et crée l'hydraulique. La Lombardie doit à ce génie universel son système de canalisation et les travaux de défense de plusieurs places fortes.

En 1545, Tartaglia trouve la résolution des équations cubiques

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