‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 200 sur 358 · Discours de la méth,, II · texte numérisé non relu

Discours de la méth,, II

2. « Au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseipme dans les écoles, on en peut trouver une pratique par laquelle, connaissant la force et les actions du feu, de Teau, de l'air, des astres, des cieux, et de tous les autres corps qui nous environnent, aussi distinctement que nous connaissons les divers métiers de nos artisans, nous les pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre maîtres et possesseurs de la nature. >• {Discours de la méthode, W, l" part.)

des causer par les effets. » L'expérience sert aussi à nous apprendre, parmi les diverses déductions hypothétiques qui pourraient rattacher un phénomène aux grandes lois de l'univers, quelle est celle qui a été réellement choisie par la nature.

On ne saurait méconnaître ce que ces pensées de Descartes ont de profond, quoiqu'elles soient incomplètes et que Descartes ait lui-même abusé des constructions à priori. Le progrès des sciences expérimentales consiste certainement à se réduire de plus en plus aux sciences rationnelles ; les parties les plus achevées de la physique, par exemple, se ramènent à la mécanique, et la mécanique aux mathématiques. C'est ce qiie Descartes voulait : a Tout, selon moi, se fait mathématiquement : omnia, apudme, mathematice fiunt. »

Les mathématiques, à leur tour, se réduisent finalement à la logique, et par conséquent aux lois de Tintelligence. La science est donc une, et c'est dans l'intelligence qu'elle trouve son unité. « Les sciences, toutes ensemble, ne sont rien autre chose que Tin- « telligence humaine qui reste une et toujours la même, quelle « que soit la variété des objets auxquels elle s'applique, sans que « cette variété apporte à sa nature plus de changements que la « diversité des objets n'en apporte à la nature du soleil qui les « éclaire (1). » Aussi « une vérité découverte nous aide à en dé- « couvrir une autre, bien loin de nous faire obstacle. Si donc on « veut sérieusement chercher la vérité, il ne faut pas s'appliquer « à une seule science. »

Cette synthèse qui ramène progressivement la variété des idées à l'unité a besoin d'être fixée en des« dénombrements ou revues générales, » De là dérive la quatrième règle de la logique cartésienne : « Faire partout des dénombrements si entiers et des revues si générales que je fusse assuré de ne rien omettre (2). » C'est la science entière résumée et condensée dans la classification (3).

Descartes en s'efforçant de construire ce qu'on appelle une nmathémathique universelles^ ne veut pas dire par là que toute sa

Page 1