‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 202 sur 358 · SA NATURE · texte numérisé non relu

SA NATURE

I. Existence de rame. — Nous avons trouvé un principe inébranlable qui nous met en possession d'une première réalité: ce Je pense, donc je suis; » mais il faut bien entendre le vrai sens de ce principe (2). Ce' n'est pas un eiithymème ou syllogisme abrégé. (( Lorsque quelqu'un dit — Je pense, donc je suis, — il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogi?me, mais comme une chose connue de soi; il la voit comme par une simple inspection de V esprit Ci). »

Descartes n'entend par l'âme que la pensée, c'est-à-dire la conscience avec tout ce qu'elle aperçoit immédiatement en ellemême : Tâme c'est le moi (4). Descartes regarde avec raison l'existence de l'âme, ainsi définie, comme la pins évidente des réalités. Le moi, en effet, se connaît d*une manière immédiate,

sance des hommes s'entresuivent en même façon, et que, pourvu seulement qu'on s'abstienne d'en recevoir aucune pour vraie qui no le soit, et qu'on garde toujours l'ordre qu'il faut pour les déduire les unes des autres, il ne peut y en avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre. » (Disc de laméth,, ibid.)

1. Descartes nous révèle ici le caractère original de sa métaphysique, je veux dire l'application de ce qu'il y a de fondamental dans la méthode mathématique aux questions métaphysiques, de la déduction rationnelle à l'observation par la conscience.

2. Il y a. selon Descartes, deux espèces de principes : les uns, purement logiques, sont les conditions générales de la démonstration : par exemple, une même chose ne peut à la fois être et ne pas être ; tels sont les axiomes; les autres, vraiment métaphysiques, nous font connaître des existences réelles; tel est le cogito (Lettres, i, 118, p. 379j. L'existence de la pensée est un principe en ce secona sens, « parce qu'il n'y a rien dont l'existence nous suit plus connue » ni antérieurement connue.

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