‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 24 sur 358 · PHILOSOPHIE DE L*INDE. BOUDHISME · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE L*INDE. BOUDHISME

fants, les vieillards, les pauvres et les malades doivent être considérés comme les seigneurs de notre atmosphère. » Même respect pour la femme. « Partout où les femmes sont honorées, les divinités sont satisfaites ; mais lorsqu'on ne les honore pas, tous les actes pieux sont stériles » (m, 56). u Renfermées sous la garde des liommes, les femmes ne sont pas en sûreté; celles-là seulement sont bien en sûreté qui se gardent elles-mêmes de leur propre volonté » (ix, 45). « On ne doit jamais frapper une femme, même .avec une fleur » {Digest.^ ii, p. 109). v L'union d'une jeune fille et d'un jeune homme, résultant d'un vœu mutuel, est comme un mariage de musiciens célestes » (m, 32). « Un père est plus vénérable que cent instituteurs ; une mère est plus vénérable que mille pères. Pour qui néglige de les honorer, toute œuvre pie est sans prix. C'est là le premier devoir ; tout autre est secondaire » (ii, 227).

La morale brahmanique, malgré son élévation, était viciée par • la doctrine des castes. Brahma a produit les prêtres de sa bouche, les guerriers de son bras, les travailleurs de sa cuisse et les esclaves de son pied. C'est ainsi 'qu'on justifiait les castes, qui représentent sans doute des conquêtes successives et superposées. De là dérivait une politique toute sacerdotale : le despotisme des brahmanes.

Dans une secte révoltée, celle des boudhistes, les principes d'humanité et de fraternité, que le brahmanisme contenait en germe, prendront un développement admirable: ils entraîneront ^fi f la ruine des castes et de la théocratie. '^ {\\

III. L'Inde n'a pas seulement eu une métaphysique religieuse ; elle a eu une philosophie indépendante, qui précéda et prépara la réforme du Boudha.

Les premiers systèmes philosophiques furent d'abord de simples commentaires des Védas;puis la spéculation philosophique s'affranchit peu à peu de la théologie des brahmanes, pour donner naissance à une grande variété de systèmes, depuis le sensua- ^ lisme jusqu'au scepticisme et au mysticisme.

Les principaux philosophes indépendants furent Kapila, Gotama et Patandjali. Kapila est l'auteur d'un système sensualiste qui semble aboutir à la négation de Dieu. Gotama s'occupa surtout de la logique. Quant à Patandjali, il est le chef d'une école mystique à laquelle paraissent se rattacher les doctrines contenues* dans le Bhagavad-Gita (1).

1. Le Bhagavad-Gita est un épisode du Mahabharata, immense épopée

10 LES ANCrENS PEUPLES.

Selon ce curieux fragment d'épopée, « les sens sont puisçants, mais Tâme est plus puissante que les sens, rintelligence est plu puissante que l'âme, et au dessus de Tintelligence s'élève l'Être. • La vertu consiste à agir avec la pureté de l'âme, en se désintéressant de tout ce qui est sensible. Mais au dessus de cette vertu active est la vertu contemplative et intellectuelle. « Lei œuvres sont bien inférieures à la dévotion de l'esprit (1). » Ausa celui qui ^i est « dévot en esprit, abandonne à la fois en œ monde les actions bonnes ou mauvaises. » « Celui qui a la foia la science, et celui qui a la science et la foi atteint, par cela seul," à la tranquillité suprême. » « Celui qui a déposé le fardeau de l'action dans le sein de la dévotion et qui a tranché tous les doute» avec la science, celui-là n'est plus retenu par les liens des œuvres.» « Comme le feu naturel réduit le bois en cendres, ainsi le feu de la vraie sagesse consume toute action. » « Délivré de tout souci de 1 Taclion, le vrai dévot reste tranquillement assis dans la ville aux i neuf portes (c'est-à-dire dans le corps), sans agir lui-même, et ^ sans conseiller aux autres l'action. » « Le dévot parvient en Dieu ', à l'anéantissement. » (147, 148.) « Mets ta confiance en moi seul; -, sois humble d'esprit, et renonce au fruit des actions. La science .^ est supérieure à la pratique, et la contemplation est supérieure à ^ la science... Celui-là d'entre mes serviteurs est surtout chéri de-.' moi, dont le cœur est l'ami de toute la nature, que les hommes

ne craignent point, et qui ne craint point les hommes. J'aime encore celui qui est sans espérance et qui a renoncé à toute entreprise humaine. Celui-là est également digne de mon amour qftii ne se réjouit ni ne s'afQ.ige de rien, qui ne désire aucune chose, qui est content de tout, qui, parce qu'il est mon serviteur, s'inquiète peu de la bonne et de la mauvaise fortune. Enfin celui-là est mon serviteur bien-aimé, qui est le même envers son ami et envers son ennemi, dans la gloire et dans l'opprobre, dans le chaud et dans le froid, dans la peine et dans le plaisir ; qui est insouciant de tous les événements de la vie, pour qui la louange et le blâme sont indijfférents, qui parle peu, qui se complaît dans tout ce qui arrive, qui n'a point de maison à lui, et qui me sert d'un amour inébranlable. » (169, 170.)

j nationale. C'est un entretien métaphysique, avant une bataille, entre le ) jeune prince Ardjouna et Dieu même, caché sous la figure de son compagnon.

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