HUME
chalnement ne dépendent de nous, voilà réellement le cet enchaînement qu'on appelle hors de nous les lois àfe-ai^Cj^^j^-^ nature, se réfléchit en nous-mêmes et y, crée les lois de l'association; grâce à ces lois, chaque phénomène est relié à tous les autres, chaque sensation est reliée à celles qui l'ont précédée et à celles qui doivent la suivre. En raison de ce lien, le monde nous est à chaque instant représenté tout entier par la sensation actuelle, et notre âme est sans cesse le « miroir » de ce qu'on nomme l'univers physique.
Tel est le spirituahsme absolu de Berkeley, qui ramène à Tunité de l'esprit tous les phénomènes prétendus matériels, qui fait de la matière un simple rapport entre les esprits et l'apparence sous laquelle ils se manifestent les une aux autres : vouloir et penser, c'est tout l'être. Grande doctrine, que la philosophie et la science modernes confirment de plus en plus.
Le système de Berkeley contenait cependant un germe d'erreur : Berkeley n'avait pas mis en évidence la conscience que l'esprit a de son action propre, et il n'avait guère reconnu, avec Locke, d'autres idées que les idées sensibles. Du moi il n'admettait qu'une perception vague, qu'il appelait <c notion ». Il était naturel alors de se demander si l'esprit lui-même, si le sujet percevant, avec cette insufiisante notion qu'il a de soi, a plus de réalité que la matière ou Vobjet perçu. En supprimant la chose matérielle, Berkeley semblait laisser encore subsister une chose pensante, une substance intelligente. Hume va soutenir que cette autre substance doit disparaître tout comme la première.