‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 265 sur 358 · Essais, II, 40. Nat. hum., I, p. 245. Essais, II · texte numérisé non relu

Essais, II, 40. Nat. hum., I, p. 245. Essais, II

346 PHILOSOPHIE ANGLAISE ET éCOSSATSE.

intérieures de l'esprit; mais cette influence se manifeste également par une simple succession : je veux me souvenir, et le souvenir vient ; parfois aussi il ne vient pas. Hume ne se demande point si la volonté n'exerce pas encore une influence sur elle-même, dans l'acte libre, et si ce n'est point là que nous apercevons enfin la vraie puissance active, la vraie cause. Hume, d'ailleurs, ne reconnaîtrait pas cette liberté de détermiDation ; car nos déterminations ne font à ses yeux que suivre certains motifs, et quand les mêmes motifs reparaissent, les mêmes déterminations suivent. Partout donc, selon lui, une simple succession de phénomènes, sans substance et sans cause.

Cependant, remarque Humé, l'idée de cause n'est pas absolument sans valeur, pourvu qu'on y voie seulement l'expression d'une succession nécessavre. La succession du soleil et de la lumière a un caractère de nécessité; voilà pourquoi nous appelons le soleil cause de la lumière. Reste à savoir en quoi consiste cette nécessité qui s'attache à certaines successions de phénomènes : le feu et la chaleur, le soleil et le jour, etc. Faut-il entendre parla une puissance mystérieuse, inhérente aux objets? Pas le moins du monde. La nécessité n'est point hors de nous, mais en nous; elle n'est point dans les objets pensés, mais dans le sujet pensant. C'est nous qui sommes nécessités à faire suivre l'idée de soleil par l'idée de lumière, et cette nécessité est une contrainte tout intérieure : « La nécessité n*est autre chose qu'une impression interne de l'esprit ou une déterihination à conduire nos pensées d'un objet à l'autre (1). »

Cette contrainte intérieure, à son tour, s'explique par Vhabitude. « L'habitude a deux eflets primitifs sur l'esprit : elle lui « donne une facilité à accomplir quelque action ou à concevoir <K quelque objet, et en second lieu elle lui imprime une tendance <L ou une inclination à le faire ; or ces deux effets peuvent nous te expliquer tous les autres (2). » L'induction, qui nous fait attendre que la même cause soit suivie du même effet, c'est-à-dire simplement que le même ensemble de phénomènes soit suivi des mêmes phénomènes, est une simple habitude produite par la répétition.

t L*hypothèse de la ressemblance de l'avenir au passé n'est fondée sur aucune espèce d'arguments, mais dérive entièrement de l'habitude qui

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