‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 268 sur 358 · V. - BENTHAM ET LA MORALE DE L'INTÉRÊT · texte numérisé non relu

V. - BENTHAM ET LA MORALE DE L'INTÉRÊT

Le même empirisme aboutit, chez Bentham , à des conséquences toutes différentes. Le principe unique de nos actions, pour Bentham comme pour Hobbes et Helvétius, c'est l'intérêt personnel. Bentbam pose en principe que tout homme est nécessairement et essentiellement égoïste. Suivre le devoir pour le devoir même lui semble un « ascétisme » impossihle et absurde. «Nul homme, dit-il, ne lèvera pour autrui le petit bout du doigt )> s'il n'y voit son plus grand intérêt. La morale n'est que la « régularisation de l'égoïsme, » et le critérium du bien n'est que le calcul du plus grand plaisir. Bentham croit possible cette évaluation des plaisirs, par une « arithmétique morale. » 11 faut, dit-il, comparer les plaisirs entre eux sous les rapports suivants : — intensité, durée, fécondité en plaisirs nouveaux, pureté ou absence de mélange avec la douleur, proximité, certitude, étendue en conséquences sociales ; — puis, une fois la balance faite entre les divers plaisirs, on choisit celui qui est supérieur en quantité. Bentham nie toute qualité de nos actions qui ne se réduirait pas à une quantité supérieure de plaisirs. <c Le plus abominable plaies sir du plus vil des malfaiteurs est bon en soi, et ne devient « mauvais que par la chance des peines qu'il entraîne à sa « suite. » Ces peines qui suivent la pratique du vice suffisent à produire, d'après Bentham, l'accord de l'intérêt et de la vertu.

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