Essais, ibid. et ss
3. Voir, pour l'appréciation de cette théorie de l'induction, nos Principes de Philosophie,
cette idée, et aiialyse avec finesse les faits où la sympathie se manifeste. Pour lui, la fin de la vie humaine est la sympathie universelle. Bien agir, c'est obéir à des sentiments qui obtiennent la sympathie d'autrui; mal agir, c'est obéir à des sentiments avec lesquels les autres hommes ne peuvent sympathiser. — Cette syùipathie est du reste un sentiment tout spontané, passif et fatal. Adam Smith ne voit pas qu'un sentiment semblable ne saurait oôrir le caractère de la moralité libre. En outre, la sympathie a le défaut d'être aussi variable que les personnes et les caractères : pour échapper à cette variabihté, Adam Smith veut que nous réglions nos sympathies sur celles qu'éprouverait « un spectateur impartial ». Mais ce spectateur impartial serait précisément un homme qui consulterait sa raison et non plus ses sympathies passives. Tel est le cercle vicieux oii le système tout empirique d'Adam Smith finit par s'enferm:er.