‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 28 sur 358 · PHILOSOPHIE DE LA PERSE. ZOROASTRE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE LA PERSE. ZOROASTRE

feu est son symbole ; pour entretenir le feu, il faut purifier la flamme de tout élément étranger et la faire briller d*une lumière sans ombre. — Cette antique doctrine fut perfectionnée par Zoroastre, qui vivait six siècles environ avant Jésus-Christ, et dont les enseignements sont contenus dans les livres stacvésàuZend'Avesta,

L'idée qui domine la métaphysique de Zoroastre n'est plus celle

du panthéisme indien, mais celle du dualisme. Qu'est-ce que ce

monde? Un mélange de bien et de mal, dépensée et de matière, de

vérité et de fausseté, de lumière et de ténèbres. Ce mélange suppose

l'existence de deux principes, l'un bon, l'autre mauvais, qui sont

en lutte dans l'univers. L'un est le principe de vérité et de lumière,

Ormudz ; l'autre est le principe de mensonge et de ténèbres,

Ahriman. « Au commencement, Ormudz, élevé au-dessus de tout,

I était avec la science souveraine, avec la pureté, dans la lumière

f du monde. Ce trône de lumière, ce lieu habité par Ormudzj est

" « ce qu'on appelle la lumière première ; et cette science souve-

« raine, cette pureté, production d'Ormudz, est ce qu'on- appelle

f la Loi. » Ormudz n'a pas produit directement les êtres matériels

et spirituels dont l'univers se compose : il les a engendrés par . ^

Tintermédiaire de la parole, du Verbe divin, a Le pur, le saint, le /

I « prompt Verbe, je vous le dis clairement, ô sage Zoroastre, était

'■ « avant le ciel, avant l'eau, avant la terre, avant les troupeaux,

« avant les arbres, avant le feu, ce fils d'Ormudz. (1) »

Ormudz et Ahriman ont la même puissance ; mais Ormudz, par r son omniscience, prévoit tout ce qui doit arriver et calcule ses actions en conséquence ; Ahriman, au contraire, ne voit les conséquences de ses actions qu'au moment même où il agit. On reconnaît là l'opposition de Tintelligence prévoyante et de la matière imprévoyante, du bien qui s'étend à l'avenir et du mal qui n'aperçoit que l'instant actuel. L'avantage de la prescience assure à Ormudz la dernière victoire après un certain nombre de milliers d'années. Le bien va l'emportant sans cesse sur le mal ; la lumière monte et conquiert peu à peu les ténèbres : un jour \ Tiendra sans doute où le mal sera absorbé dans le bien : telle ! paraît du moins avoir été la doctrine la plus récente des Perses, i

II. Cette métaphysique donne à la vie un sens moral, en la représentant comme un combat ; et un but, en lui proposant la victoire sur. le mal. Aussi la morale des anciens Perses fut-elle moins mystique et plus active que celle des Indiens.

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