‹ Histoire, de la philosophie (volume 2)Chapitre 296 sur 358 · Ibid., III, VHL · texte numérisé non relu

Ibid., III, VHL

388 LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE AU DlX-HUlTlÈME SIÈCLE.

dans beaucoup d'autres, c'est une claire distinction de ce qui est vraiment un droit et de ce qui n'est qu'un intérêt. Il place parmi les dogmes de la religion civile o l'existence de la divinité puis- « santé, intelligente, bienfaisante, prévoyante et pourvoyante, la « vie avenir, le bonheur des justes, le châtiment des méchants ; » mais ce sont là des croyances qu'on peut ne pas avoir sans être pour cela coupable d'injustice envers ses semblables : TÉlat n'a donc vraiment rien à voir dans ces problèmes.

En résumé, dans sa philosophie sociale, Rousseau a posé des principes excellents, dont il n'a pas toujours su tirer les vraies conséquences : il aurait dû aboutir à la liberté individuelle, et il aboutit trop souvent à l'exagération des droits de l'État. Il n'en a pas moins démontré, avec une rigueur philosophique, que la société tout entière repose, non sur les intérêts matériels ou sur la raison abstraite, comme l'avaient soutenu Helvétius et Montesquieu, mais sur la volonté réelle, qui seule fait de l'homme un être moral. <i Rousseau, » dit Hegel dans son histoire de la philosophie, « a proclamé la liberté l'essence de l'homme ; ce « principe est la transition à la philosophie de Eant, dont il fera « le fondement (1). »

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