H. - COSMOLOBIE AN6LA1SE
L'école anglaise propose un système du monde qui n'est pas sans analogie avec les systèmes allemands, et dont le fond est l'idée de l'universelle évolution. Principe fondamental de la cosmologie : permanence de la force. Corollaire : transformation et équivalence des lorces. Perpétuité du mouvement. Sa direction selon la ligne de la plus grande force et de la plus faible résistance. Sa loi de rhythme. Conséquences dernières :
révolution et la dissolution. L'évolution par laquelle les choses prennent une forme de variété et d'unité croissantes explique la formation du monde, le développement de la vie, puis de la société humaine, du gouvernement, de rinduBtrie, du commerce, de la science et de Fart. Rien n'est fixe ; aucun équilibre n'est stable. Les individus et les espèces sont également soumis à des métamorphoses. Pour les espèces mêmes, il n'y a point de type immuable. Elles sont produites, selon M. Darwin, par la sélection naturelle qui résulte de la lutte pour la vie. Les êtres animés sont en concurrence perpétuelle. Les plus forts et les plus intelligents l'emportent, transmettent leur supériorité à leurs descendants et produisent, peu à peu, des variétés et des espèces. — Destinée du monde. Après des milliers de siècles, l'équilibre se produira parmi les forces dont se compose notre système solaire, puis la dissolution détruira de nouveau cet équilibre, et ainsi de suite à l'infini.
m. - lORAU ET SOCIOLOGIE ANGUISE.
1® Négation de la liberté morale, 2<* réduction du bien à l'utile. Stuart Mill essaye de perfectionner le système de Bentham en introduisant dans l'évaluation des plaisirs, outre la considération de la quantité, celle de la gua/itë.— Comment cette considération dépasse la morale utilitaire. — De plus, Stuart Mill substitue à l'intérêt particulier l'intérêt du genre humain. Ne pouvant attribuer à l'intérêt du genre humain un caractère moralement obligatoire, il s'efforce de remplacer l'obligation morale par une contrainte intellectuelle résultant de l'association indissoluble entre l'intérêt de chacun et l'intérêt de tous. — Impossibilité de cette association. Comment la morale anglaise s'absorbe à la fin dans la science sociale ou sociologie. — De même que l'idée essentielle du devoir fait défaut à la morale de l'école anglaise ; de même l'idée essentielle du droit fait défaut à sa sociologie. Stuart Mill définit le droit un pouvoir que la société a intérêt de conférer à l'individu. Il ajoute que l'intérêt de la société est de laisser à l'individu la plus grande liberté possible. La liberté développe les facultés de l'individu, favorise l'originalité, suscite le génie, assure le progrès social par le libre jeu des volontés individuelles. — ■ Théorie du droit de propriété. Comment l'école anglaise y mêle, sans les distinguer, les considérations de droit et celles d'intérêt. Stuart Mill perfectionne la théorie de Locke. Il fait reposer le droit de propriété sur le droit de l'homme aux produits de son travail,
âui n'existeraient pas sans lui. Application qu'il fait de ce principe à la léorie des monopoles. Caractère mixte et parfois indécis de sa doctrine. Même caractère dans la question du droit à l'assistance. ~ Application à la société de la loi d'évolution par M. Herbert Spencer. Le développement des sociétés est la résultante de la prédominance des penchants altruistes sur les penchants égoïstes. Equilibre final entre les intérêts de tous les individus au sein de l'humanité ; équilibre final entre l'humanité et la nature. — L'école anglaise, n'ayant point admis la liberté morale, ne peut fonder ni véritable devoir ni véritable droit ; elle demeure un naturalisme qui aspire en quelque sorte à reproduire et à remplacer la moralité, mais qui demeure toujours au-dessous d'elle.
L'école anglaise contemporaine, qui continue la tradition de Hume, a pour principaux représentants MM. Stuart Mill, Darwin et Spencer. Elle correspond à une des principales directions qui se partagent aujourd'hui les esprits, la direction expérimentale; et,