COSMOLOGIE ANGLAISE
« au sens strict, nous voyons pourtant que l'existence de l'absolu « est une donnée nécessaire de la conscience ; que, tant que la « conscience dure, nous ne pouvons un seul instant nous débar- « rasser de cette donnée ; et qu'alors la croyance qui y a son « fondement a une certitude supérieure à toutes les autres (1). » Notre connaissance scientifique, dit encore le même penseur, est comme une sphère qui, à mesure qu'elle s'agrandit, augmente ses points de contact avec l'inconnu. La science du te connaissable » n'est donc pas tout ; la pensée de 1' « inconnaissable » subsiste toujours, et c'est cet inconnaissable, éternel mystère, qui fait l'objet des croyances métaphysiques et religieuses. En vain le positivisme espère supprimer cette idée au profit de la science expérimentale ; nous dépasserons toujours, par la croyance, les limites de notre science. Il y a deux extrêmes à éviter: d'abord, se persuader qu'on ^ai^ quelque chose sur l'absolu et vouloir imposer à autrui sa prétendue science ; puis se persuader que l'idée d'absolu ne répond à rien de réel, parce que nous ne pouvons la faire rentrer dans les formes relatives de notre pensée. La religion de M. Spencer consiste, en quelque sorte, à maintenir toujours élevé dans notre conscience un autel au Dieu inconnu (2).