ÉCOLES IDÉALISTES. — EMPÉDOCLE
pédocle, philosophe enthousiaste, qu'inspirait un ardent amour de la science et de l'humanité (i).
I, « Je t'annonce deux choses, dit Empédocle dans son poème sur la Nature : tantôt tout s'élève de la pluralité à l'unité, tantôt tout passe de l'unité à la pluralité. » Il y a deux principes : l'amour et l'inimitié, c'est-à-dire l'attraction et la répulsion.
Le monde prend son origine dans une période primitive, qui est lempire absolu de l'amour. Le caractère de cette période est l'unité : tous les éléments y sont confondus, tous les contraires identifiés. Un, uniforme, universel, harmonieux et heureux, le dieu sphérique ou Sphérus, ainsi appelé parce qull est présent à l'espace comme à une sphère immense, repose immobile en lui-même, sans distinction de parties, sans division, sans pluralité actuelle, comme l'Unité multiple des Pythagoriciens (2). Ce dieu ne fait qu'un avec TAmour, souverain de la félicité et de l'innocence. Mais, au temps prescrit par la Nécessité, l'action de l'inimitié commence, pénétrant par degrés à l'intérieur du dieu sphérique, « agitant les membres l'un après l'autre (3), » séparant les diverses parties, introduisant dans les choses la différence et la multiplicité. C'est la période de répulsion succédant à la période d'attraction, a S'il n'y avait pas d'inimitié dans les choses, tout « serait un (4). » « Tout vient donc de l* Inimitié^ excepté Dieu », qui- est l'Amour. L'amour, dit magnifiquement Empédocle, est « la charité qui unit (5) ; » il est la « grâce persuasive, qui hait mortellement Tintolérable nécessité (6). » Ainsi Empédocle
1. Empédocle, d'Agrigente (444) connut à la fois les doctrines des Pythagoriciens, des Eléates et des Ioniens. Il fut célèbre comme médecin, comme magicien, comme prêtre, philosophe et poète On lui offrît la sou- ▼eraineté d Açrigente, qu'il refusa. Sa fin est mystérieuse: exilé ou volontairement retiré dans le Péloponnèse, victime peut-être d'une éruption de l'Etna, peut-être enseveli dans l'abîme oii il se serait précipité lui-même, son tombeau fut toujours ignoré dans la Grèce. Il ne resta de lui qu'un poème 8ur la Nature dont Lucrèce fait un haut éloge :
Carmina quin etiam divini pectoris ejus Vociferaniur, et exponunt prœclara reperta ; Ut vix humana viaeatur stirpe creatus,