‹ Histoire de la philosophieChapitre 118 sur 397 · I. - THÉOLOGIE DE PLOTIN · texte numérisé non relu

I. - THÉOLOGIE DE PLOTIN

L'École juive d'Alexandrie eut pour principal représentant Philon, le Platon juif ^ né Tan 30 avant Jésus-Christ. Philon combine la Bible et les doctrines orientales avec la philosophie grecque ; il est tout à la fois le prédécesseur du néo-platonisme de Piotin et du christianisme des Pères. 11 formule la doctrine de la Trinité et celle de Témanation ; il dislingue en Dieu c le Père, le Verbe médiateur, et l'Esprit saint qui remplit toute chose et se communique sans s^amoindrir » ; il représente les âmes émanant de Tâme divine, qui se communique « comme un flambeau communique sa lumière à un autre sans la perdre luimême »• On ajustement appelé Philon le père des Pères de l'Église.

L'École grecque d*Âlezandrie s'inspire aussi de lui en partie. Piotin, principal maître de cette école et disciple d'Âmmonius Saccas (1) distinguait, d*après Platon, la théologie affirmative et la théologie négative, la première qui affirme du suprême Principe, sous une forme éminente, tout ce qu'il y a de positif dans ses effets, intelligence, bonheur, justice, etc. ; la seconde qui nie de Dieu tout ce qui convient aux autres êtres, comme étant in-

1. Piotin, né à Lycopolis en Egypte, vers Tan 205 après Jésus Christ, fat disciple d'Ammonius Saccas à Alexandrie, et professa ensuite la philosophie à Rome, pendant vingt-cinq ans. Son école jouissait d'une grande renommée, et lut fréquentée par l'empereur Julien lui-même ainsi que par l'impératrice. Piotin, qui ne se décida à écrire qu'à cinquante ans, laissa en mourant (270) cinquante-quatre traités que son disciple Porphyre publia en six séries de neuf traités, ou Ennéades. M. fiouillet en a donné iine traduction française. Sur l'Ecole d'Alexandrie, voir Rittcr, t. III, Zeller, Vacherot (Histoire de l'Ecole d'Alexandrie. 3 vol. in-»), J. Simon (l'Ecole d'Alexandrie. 2 vol. in-8), Ravaisson (Essai sur la métaphysique d'Aristote, tome 11), et notre Philosophie de Platon, tome II.

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