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DEUXIÈME PÉniODB DE LA 8C0LA8TIQUB. — SAINT THOMAS. 209
« rÉglise, désespérant de sa conversion et veillant sur le salut des « autres, le sépare de l'Église par sa sentence d*ezcommunication, 8 et le livre au jugement séculier pour être séparé de ce monde' c par la mort. Car, ainsi que le dit saint Jérôme, les chairs putrides « doivent être coupées, et la brebis galeuse séparée du troupeau, « de peur que la maison tout entière, tout le corps, tout le trou- 0 peau, ne soit atteint de la contagion, gâté, pourri et perdu. Arius « ne fut qu'une étincelle à Alexandrie. Mais pour n'avoir pas été 0 étouffée d'un seul coup, cette étincelle a enflammé l'univers (1). » Telle était la doctrine officielle de la théologie, et c'est à tort qu'on a parfois rejeté sur le bras séculier la responsabilité des persécutions religieuses.
La politique de saint Thomas, étant empruntée à Aristote, est assez libérale dans ses principes. L'attribut essentiel de la souveraineté est la puissance de faire des lois, et cette puissance appartient à la multitude tout entière, ou à celui qui représente la multitude {vel iotius niuUitudiniSf vel alicujus gerentis vicem) (2). Aussi, dans un bon gouvernement, il faut que tous aient quelque part au gouvernement (ni omnes aliquam partem habeant in principatu) (3). Quand le pouvoir est injuste, les sujets orU le droit de le rejeter^ sHls en ont la faculté. « Le gouvernement • tyrannique n'est pas juste, puisqu'il n'est pas ordonné pour le 0 bien commun, mais pour le bien de celui qui gouverne ; et par 0 conséquent le renvei*sement de cette sorte de gouvernement 0 n'a pas l'essence de la sédition... C'est plutôt le tyran qui est 0 séditieux (4). » Mais en définitive c'est à TÉglise qu'il appartient de dispenser les sujets de l'obéissance envers les princes qui, ayant reçu la foi, y deviennent infidèles. On objecte l'exemple de Julien l'Apostat, auquel TÉglise n'a pas ôté son pouvoir ; saint Thomas répond : Dans ce temps-là lÉglise n'était pas assez puissante pour contraindre les princes de la terre, et voilà pourquoi elle a toléré que les sujets continuassent d'obéir à Julien l'Apostat (5).
Eu somme, l'autorité univei*selle, représentée par le catholicisme, a un rôle prédominant dans la philosophie de saint Thomas: son système est une savante organisation qui exprime, dans la