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Comment, ^ententicoum, x, 10, Xli

210 LE lfOY£N AGE ET LA RENAISSANCE.

philosophie même, l'organisatioa et la discipline catholique au moyen âge. Les domiaicains conservèrent fidèlement la tradition thomiste : ils furent toujours les défenseurs de Tautorité aux dépens de la volonté individuelle et s'opposèrent, comme plus tard les jésuites, à toute invasion de Tesprit nouveau.

II. Nous trouvons une tendance dififérente chex les franciscains, qui furent constamment les adversaires des dominicains. Les oiHlres religieux, au moyen âge, étaient la vraie patrie : chacun avait ses tendances, ses modèles, ses saints et son esprit particulier. La lutte des ordres entre eux fut un élément de vie pour la scolastique.

L'ordre des franciscains contient des observateurs de Tâme et des observateurs de la nature, animés les uns et les autres d'un certain souffle d^indépendance relative.

Le franciscain Jean de Fidanza, connu sous le nom de saint Bonaventure (1221-1274), est un méditatif et un mystique. Dans son Itinéraire de VAme vers Dieu^ il décrit tous les degrés de l'amour ; l'aràeur de son enthousiasme l'a fait surnommer le docteur séraphique.

En même temps, dans Tordre de saint François, se montrent des observateurs de la nature et des devanciers de la science moderne. Les découvertes des Arabes, en partie transmises à l'Occident, avaient excité Témulation des scotasliques. Roger Bacon, professeur à Oxford (1214-1292), dans son Gr^nd œuvre^ Opus majuSj qui est le monument scientifique le plus considérable do moyen âge, insiste sur Tinutilité de la dialectique abstraite, sur la nécessité d'étudier la nature par l'observation et de la soumettre aux lois du calcul mathématique. Il enrichit la science, et en particulier l'optique, de théories nouvelles, et surpasse sous beaucoup de rapports, trois siècles à l'avance, son homonyme le chancelier Bacon. L'autorité ecclésiastique poursuivit et enferma pendant douze années dans un cachot, comme sonsier, celui qu'on avait nommé le docteur merveilleux (dock>r mirabilis).

Un autre franciscain, Raymond LuUe, né à Palma, dans l'Ile Majorque (1234-1315), fut un des esprits les plus aventureux et les plus étranges de son époque [doctor illuminatus). Après une jeunesse dissolue, il se convertit et se livra à l'étude. Possédé du désir de convertir les infidèles, il passa trois fois en Afiique, et la dernière fois il y trouva le martyre. Raymond LuUe avait

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