LE MOYEN AQE ET LA RENAISSANCE
reconnaît tel; mais le bien est tel parce que Dieu le veut (1).
De même, quand Dieu crée, c'est avec une liberté alisolue : il n'y a rien de nécessaire pour Dieu ; et ce qui est nécessaire, c'est ce que Dieu rend librement nécessaire par sa volonté.
Aussi ne pouvons-nous atteindre Dieu par un rayon direct, mais plutôt par un rayon réfléchi, twn radio directo, sed rcfieœo. Dieu, en effet, dans sa volonté intime, n'est pas un objet soumis aux prises de Tintelligence, et la théologie rationnelle ne peut prétendre atteindre la vraie divinité.
Par ces doctrines, Duns Scot fait preuve d'une originalité métaphysique qui rélève au-dessus de saint Thomas ; mais Scot se représente trop son Dieu comme une volonté indifférente, non comme une volonté morale ; Tarbitraire n'est pas la vraie liberté.
La lutte des scotistcs et des thomistes dura pendant tout le moyen âge : les premiers se montrèrent plus novateurs et moins esclaves de l'autorité : ils avaient un sentiment plus profond, quoique bien imparfait encore, de la liberté individuelle.