‹ Histoire de la philosophieChapitre 156 sur 397 · DEUXIÈME {PÉRIODE' DE LA SÛ0LA8TIQUB. — DONS SGOT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME {PÉRIODE' DE LA SÛ0LA8TIQUB. — DONS SGOT

pris à tâche de ynlgariser la soience des Ambes et de créer une méthode universelle quil nommait le grand arij^ar^ magna. Cest une claBsification et une notation de toutes les catégories de la pensée, de tous les genres et de toutes les espèces, avec leurs combinaisons possibles. Au moyen de cercles qui tournent autour d'un même centre, les sujets et les attributs de toutes sortes vien* nent se placer l'un devant l'autre pour former des propositions, et les propositions se combinent pour former des syllogismes : c'est une machine à penser. Ses d^iples enthousiastes, en cherchant la pierre pMlosophale et la transmutation des métaux, apprennent à étudier le livre de la nature autant et plus que les livres d*Aristote.

Le grand rival de saint Thomas, le dialecticien et le métaphy* sicien par excellence de Tordre franciscain, fut l'Anglais Duns Scot, doctor subtilis^ professeur à Oxford et à Paris, qui mourut à trente-quatre ans après avoir écrit douze volumes in-folio (1274- 1308). Il s'occupa de physique, d'optique et d'astronomie ; mais il excella surtout dans la métaphysique. La philosophie de saint Thomas était une philosophie de l'intelligence ; celle de Duns Scot est déjà une philosophie de la volonté.

Toutes les sympathies de Duns Scot sont pour l'individu ; aussi se préoccupe-t-il au plus haut degré du problème de Tindividuation. Selon lui, ce qui distingue un individu d'un autre, ce n'est pas seulement, comme le croient les thomistes, un principe de négation et de limitation, qui ne serait que la matière et qui rabaisserait l'existence individuelle au rang d'existence inférieure; l'individualité est le principe positif de l'action. C'est donc la volonté qui est le fond de l'être, et non pas la raison, enchaînée à ses formes immuables, soumise à la détermination et à la nécessité.

S'il en est -ainsi, comment concevoir IMeu? — Le concevoir avec les thomistes comme une puissance esclave de l'intelligence, c'est faire de Dieu lui-même un être relatif; car c'est le soumettre à un destin intérieur. La nécessité est le caractère de l'intelligence, et la nécessité est une relation : seule la volonté est absolue. Il ne faut donc pas dire que la volonté divine trouve une loi toute faite à laquelle elle se conforme : c est elle qui fait la loi ; c'est eUe qui est la loi. La vérité n'est pas antérieure à la volonté divine, c'est la volonté divine qui pose et produit la vérité,; la loi morale elle-même, en tant que loi, n'est pas antérieure à la volonté de Dieu: Dieu ne veut pas le bien parce qu'il le

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