In magUtrum smtentiarum, I, distinciio 39, qusestio I
2. Né en Angleterre. Il professa à Farissous Philippe le Bel. Il écrivit pour Philippe contre les prétentions du Saint-Sicgc et de Bmiiracc VIII. 11 écrivit aussi pour l'empereur Louis de Bavière, auquel il disait : < Défends-moi avec i'épée, je te défendrai avec ma plume. • Persécuté, il se réfugia à la cour de l'Empereur et mourut à Munich, en 13iô. On l'avait surnommé le docteur invincible, doclor invincibUis,
TROlSliMB PÉRIODE DB LA SGOLASTIQUB. — OKJLAM ET 6ER80N. 213
Après Okkam, la dialectique des écoles se perd de plus en plus dans les arguties : c*est la dissolution de la scolastique.
Le dégoût de cette logique et de cette ontologie incline un grand nombre d'esprits au mysticisme. Pétrarque, sur la fin de sa vie, écrit des traités de philosophie contemplative, empreints de néo-platonisme. Vers le même temps, sur les bords du Rhin, s*élève un mysticisme métaphysique et spéculatif d*une hardiesse germanique, qui, se plaçant tout d'abord an sein de TÊtre absolu par la contemplation, en fait sortir le monde comme un torrent de phénomènes, et érige en bien suprême l'identité avec Dieu. C'est le mysticisme de maître Eckart, de Tauler et du Flamand Ruysbroeck.
En France, le mysticisme est plus psychologique et plus sage. Gerson (1), comme Técole de saint Victor, fonde ce mysticisme sur des observations et des expériences intérieures. Dans son traité sur la théologie mystique^ il le présente, non comme une science abstraite, mais comme une science expérimentale, appuyée sur des états de Tâme que connaît toute âme pieuse.
Le mysticisme encore trop savant de Gerson ne pouvait suf^re aux âmes fatiguées de la scolastique : de là un mysticisme populaire, dont la plus admirable expression fut l'Imitation de Jésus- Christ, attribuée au religieux Thomas-à-Kempis, mais dont l'auteur demeure inconnu. Toute la scolastique s'écroule au souffle de cette piété ardente qui préfère à la science l'amour. « Mieux vaut éprouver la componction que d'en savoir la définition, i « Tout homme désire savoir naturellement, mais qu'importe la science sans la crainte de Dieu (2) ? » La crainte elle-même n*est que le commencement de la sagesse ; son achèvement est Tamour : « L'amour est fort comme la mort. >
Mais quelque admirable que soit ce livre par la connaissance de la vie contemplative, il est loin de donner une idée exacte et complète de la vie réelle, surtout de la vie civile et politique. C'est la morale du religieux, qui a fait vœu d'obéissance, plutôt que de l'homme et du citoyen Ubre. « Cours çà et là, tu ne
1. Né à Reims, en 1363, disciple et successeur de Fardent nominaliste Pierre d'Ailly comme chancelier de TUniversité, fut exilé ou s'exila Tolontairement & Lyon, où il se fit maître d'école pour les petits enfants, comme on le voit dans son traité De parvulis ad Deum ducendis. Il mourut en 1429. On lui attribue à tort Vlmitation de Jésus-Christ.