‹ Histoire de la philosophieChapitre 16 sur 397 · Rem militarem et arqute loqui, dit Caton · texte numérisé non relu

Rem militarem et arqute loqui, dit Caton

sait les autres dans les épreuves dlnitlation, devenait druide ou barde et était honoré comme divin.

D'après les traditions néo-druidiques conservées dans les « ^7^^tères des bardes de Vile de Bretagne », et dans les Triades des bardes, les druides se seraient élevés à des doctrines métaphysiques plus hautes encore (1). Ils auraient placé dans Tétre suprême, outre la puissance de vie et la puissance de vérité, une puissance de liberté, un- € point de liberté ou d'équilibre. » Peut-être les « pierres d'équilibre » dont parlent les bardes, c'est-à-dire ces énormes pierres branlantes placées en équilibre sur une autre, furent-elles un symbole de la libre divinité. Ce qui est certain, c'est que l'idée d'une fatalité supérieure à Dieu même est absente des traditions druidiques et que l'esprit gaulois fut toujours un esprit d'indomptable liberté.

Le même équilibre est attribué par les bardes à la volonté de rhomme placée entre le bien et le mal. « L'homme peut, à sa volonté, s'attacher à l'une ou à l'autre alternative (Triade 2). »

D'autres triades révèlent des traditions orientales étrangères au christianisme. Il y a trois cercles de l'existence : le cercle de la région vide^ où, excepté Dieu, il n'y a rien de vivant ni de mort; le cercle de la transmigration^ où tout être animé procède de la mort, et que l'homme traverse ; le cercle de la félicité, où tout être animé procède de la vie, et que l'homme traversera dans le ciel (2). Tout être, excepté Dieu, a eu un commencement ; aucun n'aura de fin (triade 39). Tout être a reçu une individualité distincte, un génie propre, une vocation personnelle (triades 33, 34, 37). Trois choses sont primitivement contemporaines dans la création : « l'homme, la liberté et la lumière. » (Triade 22.) Avec l'homme commence le grand combat du bien et du mal. Le mal fait redescendre l'homme, après la mort, dans une vie moindre, dans le corps d'un homme inférieur ou d'un animal déraisonnable ; c'est là l'expiation, le purgatoire: le druidisme n'admettait pas d'enfer éternel. Le bien, surtout la force d'âme, le dévouement, Tinunolation volontaire sur les autels, peuvent ouvrir immédiatement le cercle de la félicité, le monde lumineux (gwiufild). Ce monde semble situé dans les étoiles. La voie lactée s'appelle la ville de Gwyon, la grande ourse le chariot d'Arthur. Dans le

1 . Nous avons pris soin, dans ce qui précède, de nous appuyer seulement sur les témoignages gréco-romains ; mais il est bon de compléter CCS témoignages par les documents plus récents du néo-druidisme.

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