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PHILOSOPniB DES AliaENS CELTES ET GAULOIS. 19
régit d'autres organes dans une autre sphère. La mort est le mi^ lieu d'une longue vie (1). » A ce dogme de rimmortalitô se ratta cbait ridée de récompenses et de peines, mais de peines tem« poraires, qui n'étaient qu*une expiation et un moyen de progrès. Les druides considéraient les degrés de transmigration inférieurs à la condition humaine comme des états d'épreuve et de châtiment. Ils admettaient un a autre monde », un monde de bonheur (2). L'âme y conservait son identité personnelle et ses affections. Aux funérailles, on bilïlait les lettres que le mort devait lire ou remettre à d'autres morts (3) Souvent même les Gaulois prêtaient de l'argent à rembourser dans l'autre vie (4).
Le symbole visible de l'immortalité était pour les druides le gui, auquel ils attribuaient des vertus merveilleuses (5). L'arbre sacré, le chêne, image de la divinité, communique avec sa sève une verdui-e éternelle au gui, qui est tout ensemble distinct et inséparable de lui ; tel l'Être universel donne Timmortalité aux êtres particuliers que son sein nourrit et supporte. On cueillait le gui en hiver, lorsque ses feuilles, enlacées à l'arbre dépouillé, présentent seules l'image de la vie au milieu d'une nature morte et stérile f6). Le dieu suprême et tout-puissant, Esus, est représenté, sur l'autel, découvert à Paris, détachant lui-même de l'arbre le gui sacré. Esus s'appelait encore l'Inconnu (Diana) et le Cercle (ou Crom) c'est-à-dire l'infini. Les cercles de pierres énormes plantés en terre, dans les dolmen et cromlech, étaient son emblème visible (7).
Outre le principe divin de la vie immortelle, qui inspire le mépris de la mort et le courage à la guerre, les druides adoraient le principe divin de la persuasion et de l'éloquence (8). La persuasion était pour eux la plus grande force et la suprême victoire : aussi représentaient-ils encore leur dieu sous les traits d'un homme auquel d'autres sont enlacés par des chaînes d'or qui partent de sa bouche. Éloquence, science, vérité, s'unissaient dans leur esprit, et c'est là qu'ils plaçaient la plus grande noblesse : l'esclave qui s'était instruit plus que les autres dans les sciences, et qui surpas-
1. Slrab., IV, p. 197. César, vi, 14. Diod., v, 306. Lucain, i, 458.