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constantes. Pour faire une expérience complète, il faut multiplier et varier les observations, puis en constater les résultats dans des tables de présence^ à* absence et de degrés. Quels sont les phéno« mènes qui se produisent et sont présents quand le fait qu'on veut expliquer est absent? Quels sont les phénomènes absents quand le fait à expliquer se produit 7 Quels sont les phénomènes qui varient en lapport direct ou indirect du phénomène à expliquer T — Quand cette sorte de triage a été effectué, on voit que tel phénomène est lié indissolublement à tel autre phénomène (par exemple le son à la vibration de l'air). Ce rapport indissoluble est la vraie forme sous laquelle le phénomène se produit ; c'est sa différence propre, c'est sa vraie loi. Dès que cette condition essentielle d'un objet existe, l'objet se produit; dès qu'elle n'existe pas, l'objet ne peut plus exister. C'est ce que les modernes appellent la loi d'un phénomène.
Bacon remarque avec justesse que la physique a pour objet ces formes ou lois des phénomènes, nullement leurs causes efficientes, c'est-à-dire les énergies cachées et invisibles qui les produisent, nullement leurs causes finales, c'est-à-dire le but que le créateur a pu se proposer. En d'autres termes, la physique étudie le comment, non le pourquoi. Bacon renvoie avec raison l'étude des causes anales à la métaphysique, où elle peut servir, dit*il, à prouver Texistence et la providence de Dieu ; dans la physique, « la recherche des causes finales est stérile et ne peut rien enfan* ter, comme la Vierge consacrée au Seigneurie.
La vraie forme oj loi des phénomènes une fois trouvée, l'induction lui attribue une valeur générale : car, cetle forme consistant dans les conditions nécessaires du phénomène, on peut être sûr que la présence des conditions entraînera la présence du phénomène.
L'observation ainsi entendue ne s'applique pas seulement aux objets extérieurs, mais encore aux faits intérieurs, et Bacon croit que la même méthode peut nous faire connaître ces derniers. Quant à la métaphysique, Bacon s'en défie et doute de sa puissance. Sous tous ces rapports, il est bien le chef de l'école anglaise.
Descartes, dans une de ses lettres, reconnaU qu'il y a peu de chose à dire sur l'expérimentation après Bacon; mais il remarque que, si on ne connaît pas déjà la vérité avant de faire les expériences, on est exposé à en faire beaucoup de superflues et même de fausses (1). Avant d'expérimenter, en effet, il faut faire uno