‹ Histoire de la philosophieChapitre 189 sur 397 · II. - DE L'AME. SON EXISTENCE, SES FACULTÉS ET SA NATURE · texte numérisé non relu

II. - DE L'AME. SON EXISTENCE, SES FACULTÉS ET SA NATURE

I. Existence de Vàme. — Nous avons trouvé un principe inébranlable qui nous met en possession d'une première réalité: <t Je pense, donc je suis; » mais il faut bien entendre le vrai sens de ce principe (2). Ce n'est pas un enthymème ou syllogisme abrégé. « Lorsque quelqu'un dit — Je pense, donc je suis, — il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi ; il la voit comme par une simple m^pecf/on de Tesprit (3). »

Descartes n'entend par l'âme que la pensée, c'est-à-dire la conscience avec tout ce qu'elle aperçoit immédiatement en ellemême : l'âme c'est le moi (4). Descartes regarde avec raison l'existence de l'esprit, ainsi défini, comme la plus évidente des réalités. Le moi, en effet, se connaît d'une manière immédiate.

sance des hommes s'entresuivent en même façon, et que, pourvu seulement qu*on s'abstienne d'en recevoir aucune pour vraie qui ne le soit, et qu'on garde toujours l'ordre qu'il faut pour les déduire les unes des autres, il ne peut y en avoir de si éloignées auxquelles enfin on ne parvienne, ni de si cachées qu'on ne découvre. » {Disc, de la métk,, ibid,)

1 . Descartes nous révèle ici le caractère original de sa métaphysique, je veux dire l'application de ce qu'il y a de fondamental dans la méthode mathématique aux questions métaphysiques, de la déduction rationnelle À l'observation par la conscience.

2. Il y a, selon Descartes, deux espèces de principes : les uns, purement logiques, sont les conditions générales de la démonstration : par exemple, une même chose ne peut à la fois être et ne pas être ; tels sont les axiomes; les autres, vraiment métaphysiques, nous font connaître des existences réelles; tel est le cogito (Lettres, I, 118, p. 379). L'existence de la pensée est un principe en ce second sens, « parce qu'il n*y a rien dont l'existeace nous soit plus connue » ni antérieurement connue.

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