Utires, II, 55. p
2. « Lorsque je dis que quelque idée est née avec nous, j'entends seulement que nous avons en nous-raèmes la faculté de la produire. » « Car je n*ai jamais jugé ni écrit que l'esprit ait besoin d'idées naturelles q^i soient quelque chose de différent de la faculté qu'il a de penser. Mais, reconnaissant qu'il y a certaines pensées qui ne procédaient ni des objets du dehors, ni de la détermination de ma volonté, mais seulement de la
peut appeler étrangéi-es faaveniicesi ou laites a plaisir (racticcs), je les ai nommées naturelles ; mais je l'ai dit au même sens que nous disons que h générosité ou quelque maladie est naturelle à certaines familles, ji (Réponse a Regius, Cousin, X, 70.) 3. Rcp. à Regius.
DB l'aMB. son BXISTBNCI, SES FACULTÉS BT SA NATUUB. 253
cientes de Tesprit ne constituent pas des jugements lorsqu'elles demeurent isolées ; la vérité ou l'erreur réside dans la liaison des idées entre elles ; et cette liaison, selon Descartes, c'est Tactivité Yolon taire qui l'introduit.
L'esprit n'est pas seulement passif : il agit. L'entendement, avec Tenchatnement nécessaire de ses idées, est quelque chose de déterminé et de fatal ; la volonté, supérieure à l'entendement et à ses lois nécessaires, est libre. De là aussi le caractère fini des idées et le caractère infini de la volonté. La liberté est pour Descartes une sorte de « miracle », comme la création ew nihilo. a Elle consiste en ceci, que nous pouvons faire une chose ou ne la faire pas (1). » Mais ce pouvoir n'est pas un état d'iudiSërence. « L'indifférence que je sens, lorsque je ne suis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poids d'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté (2). » a Avant que notre volonté soit déterminée, elle est toujours libre ou a la puissance de choisir l'un ou l'autre des deux contraires ; mais elle n'est pas toujours indifférente (3). » 11 ne s'agit pas, en efiTet, de savoir si nous sommes libres quand nous voulons sans motif, ce qui importe peu, mais si nous sommes libres quand nous voulons pour des motifsy ce qui est le cas dans les actions bonnes ou mauvaises. Or, selon Descartes, les motifs détruisent si peu la volonté que, plus ils sont décisifs et rationnels, plus elle est libre dans son entière et franche adhésion, quoiqu'elle ne soit pas alors indifférente, ou plutôt par cela môme qu'elle n'est pas indifférente (4).
Notre pouvoir de mal faire a son origine, selon Descartes, non pas dans Tessence de la liberté, — car la liberté n'entraîne pas