‹ Histoire de la philosophieChapitre 24 sur 397 · II. — HÉIACLITE · texte numérisé non relu

II. — HÉIACLITE

I. Métaphysique d'Eéracliie, Le mouvement et la loi du mouvement. — Heraclite trouve vaine la recherche d'une substance persistante : rien n'es^, tout devient. Cette universelle mobilité a son image dans l'écoulement de l'eau : tout s'écoule, et on ne se baigne pas deux fois dans le même fleuve. Elle a encore son image dans 1 embrasement dii feu, et c'est sous la forme du feu qu'elle se manifeste dans l'univers. Le fea universel n'est pas un feu visible, mais un feu invisible, vivant, inteUîgent, éternel et divin. — Mais, si tout est instable et en mouvement, cette instabilité et ce mouvement sont soumis à une loi stable. Union des contraires, voilà cette loi: chaque chose est et n'est pas. Cette union est une harmonie éternelle, mais en même temps elle est une guerre éternelle ; car il n'y a pas d'harmonie sans opposition : aigu et grave, jour et nuit, été et hiver ; la guerre est la mère de toutes choses. En outre, cette loi est une nécessité ; bien plus, elle est une justice, parce qu'au fond elle est une pensée intérieure au mouvement, ÏÂyoç. On peut l'appeler Dieu. — IL Physique d'Heraclite. Tout^ s'explique par les transformations du feu vivant et pensant, qui s'éteint ou se rallume, se change en air, en eau, en terre, ou revient à son état primitif. Il devient tout et tout devient lui. C'est ce que les modernes appelleront la transformation des forces, — En outre» Heraclite admet la permanence de la même quantité de force et de mouvement daoi l'univers ; le mouvement du feu est universel et sa quantité identique,

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il est comme Tor qui s'échange contre tout, et contre lequel tout s'échange. — Enfin le mouvement universel est soumis au rhythmc et à la mesure, c'est une évolution qui traverse des périodes régulières, tantôt ascendantes tantôt descendantes. Evolution éternelle ; car le monde n'a ni commencement ni fm. ~ 111. Morale d'Heraclite. Notre âme, étincelle du feu divin et pensant, ne participe à la vérité que quand elle participe à la pensée du tout, à la raison universelle. Se résigner à la nécessité des choses, voilà la loi |)ratique. Pour cela, il faut purifier Tàme de tout ce qui peut l'ohscurcir ou l'éteindre. Mortelle dans sa partie indivi-

riraagei

dite est le vrai commencement de la philosophie et offre le tableau fidèle du monde sensible : Platon admettra, au-dessus de ce monde mobile, un monde immobile et intelligible.

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