III. — ANAUGORE
I. Le monde. Au lieu de considérer, avec Heraclite, le mouvement comme la cause des choses, Anaxagorc le regarde comme un simple efi'et, comme une simple relation entre des choses préexistantes : rien ne naît ni oe périt, à proprement parler ; il n'y a que des combinaisons mécaniques entre les choses. De là une explication toute mécanique du monde.
— Chaque objet est un infini, un univers qui renferme toutes choses en diverses proportions : tout est dans tout. En outre, chaque objet se subdivise en une infinité de parties similaires, le sang en une infinité de gouttes de sang, la chair en une infinité de particules de chair : ce sont les homceoméries ou parties similaires. — Tant que toutes les parties des choses sont confondues, rien n'apparaît ; c'est un chaos insaisissable. Cette confusion régnait au commencement des temps. Pour la faire cesser, et pour introduire la distinction dans les choses, un mouvement était nécessaire. Ce mouvement est venu de l'inlelliçence divine ^ui meut l'univers comme l'àme meut le corps. « Tout éti^it confondu, rintelligence vint et mit l'ordre en toutes choses. • — II. L'intelligence motrice du monde. L'intelligence, considérée en elle-même, est pure et sans mélange ; elle est simple, elle est indépendante, elle connaît tout, présent, passé, avenir; elle meut tout. — Conclusion. Ainsi l'école ionienne, après avoir cherché Texplication des choses dans la matière, finit par reconnaître que cette explication se trouve dans la pensée. Heraclite plaçait cette pensée dans la matière même, qu'elle anime intérieurement ; Ânaxagore la place en dehors et au-dessus de la matière,
3u*elle meut extérieurement. Plus tard, on croira que la pensée oit être tout ensemble au dedans du monde et au-dessus du monde.