HUME
intérieures de Tesprit ; mais cette influence se manifeste également par une simple succession : je veux me souvenir, et le souvenir vient ; parfois aussi il ne vient pas. Dira-t-on que la volonté exerce encore une influence sur elle-même dans Tacte libre, et que là nous apercevons enfin la vraie puissance active, la vraie cause^ Hume ne reconnaît pas cette liberté de détermination : nos déterminations ne font à ses yeux que suivre certains motifs, et quand les mômes motifs reparaissent, les mêmes déterminations suivent. Partout donc, selon lui, une simple succession de phénomènes, sans substance et sans cause.
Cependant, remarque Hume, l'idée de cause n'est pas absolument sans valeur, pourvu qu'on y voie seulement l'expression d'une succession nécessaire. La succession du soleil et de la lumière a un caractère de nécessité; voilà pourquoi nous appelons le sol3il cause de la lumière. Reste à savoir en quoi consiste celte nécessité qui s'attache à certaines successions de phénomènes : le feu et la chaleur, le soleil et le jour» etc. Faut-il entendre par là une puissance mystérieuse, inhérente aux objets? Pas le moins du monde. La nécessité n'est point hors de nous, mais en nous; elle n'est point dans les objets pensés, mais dans le sujet pensant. C'est nous qui sommes nécessités à faire suivre l'idée de soleil par Tidée de lumière, et cette nécessité est une contrainte tout intérieure : « La nécessité n'est autre chose qu'une impression interne de l'esprit ou une détermination à conduire nos pensées d'un objet à l'autre (1). »
Cette contrainte intérieure, à son tour, s'explique par l'habitude, ce L'habitude a deux effets primitifs sur l'esprit : elle lui € donne une facilité à accomplir quelque action ou à concevoir « quelque objet, et en second lieu elle lui imprime une tendance « ou une inclination à le faire; or ces deux effets peuvent nous « expliquer tous les autres (2). » LMnduction, qui nous fait attendre que la même cause soit suivie du même effet, c'est-à-dire simplement que le même ensemble de phénomènes soit suivi des mêmes phénomènes, est une simple habitude produite par la répétition.
■ L'hypothèse d(Ei la ressemblance de l'avenir au passé n'est fondée sur aocnoe espèce d'arguments, mais dérive entièrement de l'habitude qui