‹ Histoire de la philosophieChapitre 246 sur 397 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

les sensations : c*est c un faisœau ou une collection de diSé- € rentes perceptions, qui se succèdent Tune à Tautre avec une c rapidité incroyable (1). > Les impressions proprement dites constituent ce que nous appelons Textérieur ; les reflets affaiblis de ces impressions, ou les idées, constituent Tintérieur ; or le moij n'étant ni une impression ni une idée, ne peut être que la succession même des idées, comme le non-moi est la suc* cession même des impressions. C'est ainsi que le prétendu objet du sens interne, tout comme Vobjet des sens, s'évanouit et se résout en une série mouvante de phénomènes.

Si Berkeley, tout en rejetant la matière, voulait conserver la substance spirituelle, c'est qu*il croyait y voir, avec Leibniz, la causalité, la puissance active; mais, selon Hume, en dehors des phénomènes et de leurs rapports, la cause n'a pas plus de réalité que la substance. Berkeley nVt-il pas lui-môme démontré, après Locke et Descartes, que nous ne saisissons au dehors de nous aucune cause proprement dite, c'est-à-dire aucune puissance active T Nous voyons le mouvement d'une bille, puis le mouvement d'une seconde bille rencontrée par la première ; mais noua ne voyons pas l'énergie active, la puissance efficace, la a cause » qui produit le mouvement, o L'esprit, dit Hume, ne saurait aper- « cevoir l'efiet dans la cause supposée, f&t-ce par l'examen le « plus profond et le plus attentif; car l'effet est totalement difié- « rent de la cause, et par conséquent ne peut ôtre découvert en « elle... Il n'y a rien dans un objet, considéré en lui-même, qui u nous puisse fournir une raison de tirer aucune conclusion au <c delà de Tobjet même. » « Tous les événements semblent entiè- « rement détachés les uns des autres. Un événement suit l'autre, « mais nous ne saurions jamais apercevoir entre eux aucun lien. « Ils semblent rapprochés, jamais enchaînés (2). » Voilà pour les causes extérieures. Quant à la causalité intérieure, Hume prétend que nous ne l'apercevons pas davantage. OCt serait-elle? Dans l'influence de notre volonté sur nos membres ? Mais nous ne saisissons point cette influence : nous voulons un mouvement, et le mouvement suit, pourquoi? nous l'ignorons. Parfois aussi le mouvement ne suit pas, et l'homme frappé soudain de paralysie n'est averti que par l'expérience de l'impossibilité où il est de se mouvoir. Reste l'influence prétendue de la volonté sur les facultés

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