‹ Histoire de la philosophieChapitre 259 sur 397 · CONDILLAC, DIDEROT, D'HOLBACH, VOLTAIRE ET ROUSSEAU · texte numérisé non relu

CONDILLAC, DIDEROT, D'HOLBACH, VOLTAIRE ET ROUSSEAU

Ce n'est point dans la philosophie spéculative, mais dans la philosophie morale et politique que se montre l'originalité des penseurs français au dix-huitième siècle. Importée en France par Voltaire, la doctrine de Locke exerce une influence prépondérante. Dans son Traité des sensations^ Tahhé de Ciondillac (1715-1780) dépasse Locke lui-même et fonde un sensualisme plus radical (!)• Selon lui, Locke a eu raison de rejeter Tidée de facultés abstraites dans lesquelles notre être serait pour ainsi dire divisé ; cependant^ il considérait encore les opérations de Tftme, la perception, la volonté, comme je ne sais quoi de primitif, et en quelque sorte comme des propriétés innées à Tàme. < Aussi le Philosophe se •a contente-t-il de reconnaître que l'âme aperQoit, pense, doute, n croit, raisonne, commente, veut, réfléchit... mais il n'a pas senti a la nécessité d'en découvrir le principe et la génération ; il n*a •0 pas soupçonné qu'elles pourraient n'être que des habitudes •a acquises (2). * La vraie méthode consiste, selon Gondillac, à remonter à Torigine des connaissances, pour en expliquer la génération par une transformation graduelle du principe primitif. On «uit de cette manière la logique de la nature : « la nature a tout •commencé, et toujours bien » ; il n*7 a qu'à la suivre.

Le principe primitif des connaissances, dit Gondillac, est la sensation, et tout s'explique en nous par la sensation transformée ;

1. Essai sur l'origine des connaissances humaines, Amsterdam (1746). Traité des sensations, Londres (1754). Traité des animaux (1755). Œuvres ^philosophiques, Paris (1795).

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