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Ibid, II, iv

PHILOSOPHIE SOGIALB. — ROUSSEAU. 385

« s'impose une loi qu'il ne puisse enfreindre... II n'y a ni ne peut c y aToir nulle espèce de loi fondamentale obligatoire pour le « corps du peuple. Un peuple est toujours le maître de changer « ses lois... (1)»

L'objet que toute loi se propose ou doit se proposer est le plus grand bien de tous, qui consiste dans la liberté et dans égalité. « Si Ton cherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la Un de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et Végalité. La liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force 6tée au corps de TÉtat; l'égalité^ parce que la liberté ne peut subsister sans elle. Il ne faut pas entendre par ce mot que les degrés de puissance et de richesse soient absolument les mêmes ; mais que, quant à la puissance, elle doit toujours être au-dessus de toute violence et ne s'exercer jamais qu'en vertu du rang et des lois, et, quant à la richesse, que nul citoyen ne soit assez opulent pour en pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre.. .Voulez* vous donc donner à TEiat de la consistance? Rapprochez les degrés extrêmes autant qu'il est possible ; ne souffrez ni des gens opulents ni des gueux.Ges deux états, naturellement inséparables, sont également funestes au bien commun : de Tun sortent les fauteurs de la tyrannie et de l'autre les tyrans; c'est toujours entre eux que se fait le trafic de la liberté publique; l'un l'achète, l'autre la vend... C'est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir (2). »

Avant Rousseau, on confondait la souveraineté de l'Etat et le gouvernement; Rousseau fait voir que l'Etat est seul souverain et que le gouvernement est simplement un ensemble d'hommes auxquels tous confient le soin de faire exécuter la volonté générale. « Qu'est-ce donc que le gouvernement? Un corps intermé- « diaire établi entre les sujets et le souverain (c'est-à-dire la « nation), pour leur mutuelle correspondance, chargé de l'exé- ^ cution des lois et du maintien de la liberté, tant civile que « politique. » Les gouvernants ou magistrats ne sont que les n commissaires de la nation. »

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