‹ Histoire de la philosophieChapitre 30 sur 397 · PREMIERS PHILOSOPHES DE L*ÉCOLE IONIENNE · texte numérisé non relu

PREMIERS PHILOSOPHES DE L*ÉCOLE IONIENNE

€t le non-être ne font qu'un dans ce qui est et n*est plus, dans ce qui devient. De là runiyerselle a contradiction > qui est en toutes chores.

La conciliation des contraires est une harmonie. Ici, nous retrouvons le poète sous le métaphysicien. Ce qui produit Tbarmonie, dit Heraclite, c'est l'opposition d'une chose avec ellemême : « Tout, en se divisant, se réunit, comme l'harmonie de l'archet et de la lyre. » A cette image de la lyre, Heraclite joignait encore celle de l'arc, où la corde tendue et détendue s'oppose et s'unit tour à tour au demi-cercle qui la soutient (I).

Puisqu'il n'y a point d'harmonie sans l'opposition des forces, la guerre est mère de toutes choses : xo>ifAoc p«ri^ Tzéwnn. « Héra- « dite reprochait à Homère d'avoir souhaité la fin de toutes les c querelles des dieux et des hommes ; car, s'il en était ainsi, tout t périrait, parce qu'il n'y a point d'harmonie sans aigu et sans c grave, et rien de vivant sans mâle et sans femelle, qui sont des contraires (?). » Ce monde, fils de la guerre, où toutes les formes sont tour à tour produites et détruites, t est comme le jeu d'un enfant sur le sable. »

Heraclite, pour faire entrer sa pensée dans l'esprit comme de vive force, la pousse jusqu'au paradoxe : il heurte le sens commun pour le contraindre à la réflexion. Il proclame l'identité des contradictoires. «Le môme être est vivant et mort; il veille et il dort, il est jeune et vieux (3). » En outre, nous vivons de la mort des uns et nous mourons de la vie des autres ; pour parler plus énergiquement, nous vivons leur mort et mourons leur vie. Ainsi se mêlent toutes choses en une « harmonie cachée », â^fwvc*

G^lte loi de contradiction et d'harmonie a pour caractère d'être une « loi fatale •, une nécessité armée. Mais, en même temps qu'elle est une fatalité, elle est une justice, ^ixn. Voilà pourquoi le cours des choses est réglé. Si le soleil, par exemple, transgressait les lois de sa course, les Erinnies viendraient au secours de la justice, et il y aurait une nuit éternelle (4).

Enfin, pourquoi y-a-il de la justice dans la nécessité, sinon parce qu'au fond la nécessité est une pensée intérieure au devenir, et qui le gouverne du dedans ?

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