‹ Histoire de la philosophieChapitre 304 sur 397 · MAINE DE BIRAN · texte numérisé non relu

MAINE DE BIRAN

1. A l'ancienne méthode des philosophes naturalistes et des phi« losophes ontologistes, Maine de Biran essaie d'opposer ce ga'il considère comme la méthode du vrai spiritualisme. Les natura^ listes, comme Condillac et l'école anglaise, ont pour procédé l'ob* senration des phénomènes et la détermination de leurs lois : ils constatent comment se suivent nos sensations, nos idées, nos désirs : ils tournent la pensée vers des objets qui, pour être intérieurs, n'en sont pas moins encore distincts du sujet pensant et extérieurs au moi proprement dit. Les ontologistes, de leur côté, en se croyant très-éloignés des naturalistes, étudient aussi des objets de pensée plutôt que le sujet pensant lui-même : ils spéculent sur la substance, sur les choses intelligibles ou prétendues intelligibles, en un mot sur des objets distincts du sujet. En un mot, la méthode des rationalistes et celle des empiristes sont tournées vers les objets : elles sont « objectives ». Or, dit Maine de Biran, outre les objets pensés, il existe un sujet pensant, et il est clair que le procédé par lequel la pensée se pense elle-môme ne devrait pas être assimilé aux procédés par lesquels elle pense d'autres choses : le point de vue intérieur ne saurait être le même que le point de vue extérieur. C'est pourtant une confusion de ce genre qu'on peut reprocher aux psychologues anglais, purs observateurs des phénomènes, et aux métaphysiciens de l'ancienne école, spéculant sur les substances. Que connaissons-nous d'une connaissance vraiment immédiate ? Le sujet, le moi, dit Maine de Biran. Quelle est l'expérience positive par excellence ?

1. 1770-1824. Œuvres, publiées par M. Cousin et par M. Naville.

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